samedi, 09 septembre 2017 08:28

Soixante suppressions d'emploi au Républicain Lorrain de Metz

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Le groupe Ebra, propriétaire d'une dizaine de journaux dans l'Est de la France entend supprimer quelque 130 postes techniques d'ici la fin du premier semestre 2018, a-t-on appris jeudi de sources syndicales.

 

Un fiasco sans nom

Depuis que la banque du Crédit qui se croit mutuel a racheté les journaux du grand Est, c'est un fiasco complet pour les quotidiens comme le Républicain Lorrain. La regrettée et fort appréciée, Marguerite Puhl-Demange, fille du créateur du RL et artisan de son développement jusque dans la fin des années 199, doit se retourner dans sa tombe, selon l'expression consacrée. Quel gâchis aura commis le Crédit Mutuel !

Aujourd'hui, cette banque arnaqueuse justifie ses choix par les pertes financières de son pôle presse. Mais elle oublie de s'interroger sur les raisons de ce déclin. Les lecteurs le disent chaque jour, leur quotidien régional est devenu du papier sans grand intérêt. La banque n'a pas su conquérir un nouveau public, elle n'a pas voulu conserver les lecteurs habituels et a tout fait pour éloigner les lecteurs.

C'est le cas, par exemple, avec l'introduction d'une nouvelle liseuse pour ceux qui consultent le journal par internet. Ce nouveau support est désagréable et rend la lecture incommode. Bref tout est fait pour faire fuir les lecteurs.

La direction du groupe, propriété du Crédit Mutuel, n'était pas joignable jeudi en début de soirée.

Selon un communiqué de la CGT du Républicain Lorrain, une soixantaine de postes seraient supprimés en Moselle, via une fusion des imprimeries du Républicain Lorrain et de l'Est Républicain.

Le nouveau responsable du pôle Presse du Crédit Mutuel, Philippe Carli, «a confirmé une restructuration industrielle qui entraînerait la fermeture du centre d'impression du Républicain Lorrain», selon ce communiqué. «60 postes seraient supprimés sous la forme d'un PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) en Moselle et la direction réfléchit à la possibilité d'un plan de départs volontaires (PDV) de 10 à 20 personnes à l'Est Républicain», est-il ajouté.

Selon un compte rendu de la réunion à laquelle M. Carli avait convié des syndicats, il a justifié cette décision par l'ampleur des pertes du pôle Presse, estimées à 55 millions d'euros en 2016, dont 31 millions pour les trois titres de Lorraine - le Républicain Lorrain, l'Est Républicain et Vosges Matin.

«Pour l'instant rien n'est annoncé pour la rédaction. Pour l'instant», a ajouté un responsable syndical.

Du côté alsacien, selon le compte rendu d'une réunion tenue fin août, la fusion des imprimeries de l'Alsace et des DNA aboutirait à environ 70 suppressions de postes. La fusion permettrait, selon la direction citée dans le compte rendu, d'économiser 6 millions d'euros par an, soit à peu près la moitié de la perte annuelle sur les deux titres.

Philippe Carli, 57 ans, a été recruté en juin par le Crédit Mutuel pour diriger ses activités dans la presse. Ingénieur de formation, il été directeur général du groupe Amaury de 2010 à 2015. Il y a piloté un plan d'économies et mené à bien la cession du quotidien Le Parisien/Aujourd'hui au groupe LVMH.