Ouragan Irma : Au moins neuf morts dans les Caraïbes, Saint-Martin ravagée

«Scène d'horreur», «cauchemar», «paysage apocalyptique»: le passage de l'ouragan monstre Irma, qui poursuit sa route dans les Caraïbes, a fait au moins 9 morts, dont 8 dans les îles de Saint-Barthélémy et Saint-Martin, où sont désormais attendus les secours.

 

Après le passage de ce cyclone de catégorie 5, le maximum sur l'échelle d'intensité des ouragans, l'heure est à la reconnaissance des dégâts: un pont aérien devrait être mis en place jeudi entre la Guadeloupe et les deux îles frappées pour tenter d'évaluer les dégâts, déjà jugés «très importants» après des rafales qui ont dépassé par moment les 300 km/h.

Le dernier bilan humain annoncé jeudi matin par la sécurité civile est de 8 morts et 21 blessés à Saint-Martin. Mais «les chiffres vont bouger», a prévenu Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur.

Un mort a également été enregistré dans la petite île de Barbuda.

Le président Emmanuel Macron se rendra «dès que possible» dans les zones touchées, a indiqué l'Elysée.

Sur place les communications restent très parcellaires et les aéroports sont pratiquement impraticables. Les photos sur les réseaux sociaux montrent des rues inondées ou très endommagées, des bateaux transformés en petits bois dans un port, des arbres balayés par les rafales de vent, des toitures envolées et parfois retrouvées sur la route, des voitures immergées sous des mètres d'eau ou renversées.

A Saint-Martin, les quelques témoignages recueillis par les médias évoquent un «paysage apocalyptique». «Nous étions face à un phénomène d'une ampleur inégalée», a témoigné un journaliste d'Outre-mer 1re, Steve Prudent, racontant qu'il s'était «calfeutré dans un hôtel supposé être un endroit sûr» - mais «plusieurs chambres ont littéralement implosé», et les murs en béton «vibraient comme du carton». «Tout ce qui n'avait pas un minimum de solidité n'existe plus», a-t-il ajouté. «C'est un cauchemar», a confirmé une autre journaliste de Guadeloupe 1re.

 

«Un autre endroit»

Le président du conseil territorial Daniel Gibbs, «sous le choc», parle d'une «catastrophe énorme: 95% de l'île de Saint-Martin est détruite».

A Saint-Barth également, «on découvre l'horreur. On découvre un autre endroit. C'est plus le même endroit où vous viviez avant. J'avais vraiment l'impression de ne pas être sur le même caillou», a raconté au téléphone sur BFMTV Kevin, habitant de l'île. «On découvre les toits arrachés, les rues inondées, le réseau électrique... Tout est cassé. C'est terrible, c'est une scène d'horreur. Je suis hyper traumatisé».

«La situation est dramatique», a reconnu le préfet de la Guadeloupe Eric Maire. Les deux îles sont sans eau potable, sans électricité, les bâtiments publics inutilisables, les maisons détruites, les arbres arrachés et les services de secours eux-mêmes dévastés.

A Saint-Martin, «quatre bâtiments qui étaient parmi les plus solides» ont été détruits, a indiqué l'Intérieur, laissant présager une situation encore plus dramatiques pour les bâtiments plus rustiques ou précaires dans des îles où l'habitat créole, en bois ou tôle, domine. La préfecture de Saint-Martin est «en partie détruite», «la caserne des pompiers sinistrée», et plusieurs toitures de la gendarmerie se sont envolées.

Selon le ministère de l'Intérieur, «l'enjeu à Saint-Martin, l'île la plus touchée, est de restructurer le réseau de commandement après les dégâts constatés sur la préfecture, tant au niveau des communications que des bâtiments, de rétablir les aéroports et de faire un diagnostic sur l'état des hôpitaux».

 

Besoin d'informations

Un pont aérien pour acheminer de l'aide et ramener des blessés devrait se mettre en place jeudi entre la Guadeloupe et les Iles du Nord, a annoncé Annick Girardin, arrivée en Guadeloupe avec environ 150 secouristes.

L'aéroport du côté néerlandais de Saint-Martin est impraticable après le passage de l'ouragan, mais un avion militaire français de reconnaissance va pouvoir se poser jeudi sur l'aéroport français situé dans le nord de l'île, où une partie de la piste a été libérée, a précisé la ministre.

Des renforts, mais aussi des réserves d'eau et du matériel de secours, partiront également par voie maritime. Des chiens seront également utilisés pour retrouver, le cas échéant, des personnes ensevelies sous les décombres.

Pour le lieutenant colonel Olivier Grosjean, des sapeurs pompiers d'Ile de France, les images vues depuis la fin de l'épisode cyclonique sont «assez effrayantes». La brigade s'attend «à des dommages conséquents» que les équipes du Grimp (groupe d'intervention et de reconnaissance en milieu périlleux) devront affronter.

Irma, ouragan de catégorie 5, a frôlé dans la nuit de mercredi à jeudi la côte nord du territoire américain de Porto Rico.

Il se déplace vers la République dominicaine et devrait ensuite progresser vers Cuba, puis la Floride, qu'il devrait toucher en toute fin de semaine, selon le National hurricane center (NHC) américain, Irma.

Irma «est d'ores et déjà un ouragan historique» et «d'une intensité sans précédent sur l'Atlantique», selon Météo-France. Il est plus puissant qu'Harvey, qui a fait 42 morts au moins et ravagé le Texas et la Louisiane.

Les Caraïbes pourraient ensuite subir deux autres ouragans: Jose puis Katia, qui «pourrait toucher l'Etat de Veracruz vendredi soir», et impacter près d'un million de personnes, selon le gouvernement de cet Etat du Mexique.

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