mercredi, 06 septembre 2017 06:22

Donald Trump supprime le programme protégeant les mineurs isolés étrangers

Écrit par  Avec Reuters

L'Attorney General (ministre de la Justice) américain, Jeff Sessions, a annoncé mardi la suppression du programme de protection des jeunes migrants clandestins, qui avait été mis en place par Barack Obama en 2012. Donald Trump n'a pas osé annoncer lui-même cette décision qu'il a prise.

 

Ce programme appelé Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals) empêchait l'expulsion de près de 800.000 personnes arrivées illégalement en tant qu'enfants sur le territoire américain, surnommées les "Dreamers" ("rêveurs").

"Je suis ici pour annoncer que le programme Daca, mis en oeuvre sous l'administration Obama, est en cours d'abrogation", a dit l'Attorney General aux journalistes à Washington, en ajoutant que le Congrès disposerait de six mois pour trouver une autre solution au Daca.

"Nous ne pouvons pas accepter tous ceux qui aimeraient venir ici, c'est aussi simple que cela", a dit Jeff Sessions.

Le Daca est depuis longtemps la cible des conservateurs américains, lesquels avancent que l'immigration illégale fait perdre des emplois aux Américains.

Dans un communiqué, Donald Trump justifie sa décision par le fait que ce programme serait, selon Jeff Sessions et des experts juridiques, "anticonstitutionnel" parce que Barack Obama avait contourné le Congrès (à majorité républicaine) pour l'imposer.

"Je ne souhaite pas punir des enfants, dont beaucoup sont désormais adultes, pour les actes de leurs parents. Mais nous devons aussi reconnaître que nous sommes un pays d'opportunités parce que nous sommes un Etat de droit", argumente le président américain.

Promettant de limiter au maximum l'impact de l'abrogation du Daca, Donald Trump s'engage à travailler "avec les républicains et les démocrates" au Congrès pour faire passer une réforme de l'immigration "dont la principale priorité sera d'améliorer les emplois, les salaires et la sécurité des travailleurs américains et de leurs familles".

 

"Un acte de lâcheté politique"

Les réactions critiques à l'annonce du démantèlement du Daca ne se sont pas fait attendre.

Nancy Pelosi, chef du groupe démocrate à la Chambre des représentants, a estimé que la décision de Trump relevait d'"un acte profondément honteux de lâcheté politique".

Chuck Schumer, leader de la minorité démocrate au Sénat, a annoncé que les démocrates allaient s'employer à empêcher que cette "décision terriblement mauvaise de Trump devienne réalité."

Quant au sénateur républicain John McCain, il ne mâche pas non plus ses mots, parlant d'une "approche mauvaise de la politique migratoire".

Les défenseurs du programme, dont de grandes entreprises comme Microsoft ou Facebook, assurent en revanche que les "Dreamers" ont grandi et ont été éduqués aux Etats-Unis, qu'ils sont intégrés à la société américaine et sont une chance pour l'économie du pays.

Le procureur général de l'Etat de Washington, Bob Ferguson, a promis d'"utiliser tous les moyens juridiques" à sa disposition pour "défendre les milliers de 'Dreamers' de l'Etat de Washington. Les gouverneur et procureur général de l'Etat de New York, Andrew Cuomo et Eric Schneidermann, ont également promis une action en justice contre la suppression du Daca.

La décision de Trump a aussi été critiquée à l'étranger, en particulier au Mexique, qui a déploré une initiative "désolante".