samedi, 02 septembre 2017 21:49

Aïd el-Kébir à Nancy : la fête gâchée pour des centaines de familles musulmanes

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Ce vendredi 1er septembre 2017, comme chaque année depuis longtemps, des centaines de musulmans se sont adressés à la Mosquée Assalam de Tomblaine pour commander leur mouton égorgé. Cette année, ils sont déçus de ne pas avoir été livrés ni le jour de la fête, ni le deuxième jour. Et peut-être pire encore, ils risquent de ne pas être servis du tout et de se voir remboursés de la somme dépensée pour l’achat.

 

L’Aïd el-Kébir est considérée par les musulmans comme une célébration de leur foi. De nombreuses traditions accompagnent cette période qui s’étale sur quatre jours à une semaine pendant lesquels ils partagent prières et repas.

La plus célèbre tradition de l’Aïd el-Kébir est le sacrifice d’un animal en souvenir de celui d’Ibrahim. Il s’agit en général d’un mouton, d’une chèvre ou d’un veau. Les animaux doivent être âgés d’au moins un à deux ans. La tradition commande au chef de famille de tuer l’animal en le vidant de son sang.

De nombreuses familles font le choix de sacrifier un mouton dans un abattoir spécialisé ou de commander la viande d’une bête tuée selon le rite. C’est ce qu’a fait une grande majorité des musulmans de Nancy. Ils sont passés par la Mosquée Assalam de Tomblaine, mal leur en a pris car ils attendent encore la livraison, trois jours après le début de la fête. Peut-être même qu’ils attendront jusqu’à l’année prochaine …

Chaque année depuis longtemps, vu sa notoriété et sa réputation, la Mosquée Assalam reçoit un nombre important de commandes du mouton de la part de la communauté musulmane de l’agglomération de Nancy.

Ce sont les membres de l’association UJEC (Union pour la jeunesse et la culture) qui enregistrent les commandes et encaissent l’argent payé. Ils informent alors les fidèles concernés de l’heure de l’abattage qui a lieu après la prière, comme le préconise la règle islamique. Ils les préviennent également de l’heure de la livraison. Cet usage n’a pas été respecté cette année et rien ne s’est passé comme prévu.

Pourquoi cette déconvenue ? Qui est responsable ? La Mosquée Assalam, un intermédiaire, le fournisseur ? Ou encore le supermarché Beka basé à Vandoeuvre-lès-nancy qui était chargé d’acheter des moutons et de trouver un abattoir rituel autorisé avant de livrer la viande ?

D’après nos informations, les sacrificateurs prévus et recommandés par la Mosquée pour l’abattage rituel étaient sur place à la première heure du premier jour devant l’abattoir indiqué. Ils ont attendu et n’ont rien vu venir, aucun mouton en perspective ! Bon, ce n’est pas bien grave, il y aura du retard.

Le deuxième jour, les moutons sont enfin arrivés, les sacrificateurs sont à nouveau présents comme convenu, mais l’abattoir choisi est fermé. L’abattage rituel ne peut donc pas être effectué. Dans l’urgence, un autre abattoir agréé est trouvé et sa direction accepte d’ouvrir exceptionnellement ses portes. Sauf que, à la dernière minute, ce n’est plus possible. Son responsable aurait changé d’avis et opposerait un refus catégorique.

Selon un témoin, le gérant de ce second abattoir aurait refusé et changé sa décision lorsqu’il a su que c’était le supermarché Beka qui était le prestataire, tout en oubliant que le commanditaire était la Mosquée de Tomblaine.
Sous réserve de vérification du témoignage cité, si le motif évoqué est effectivement la motivation réelle du refus, cela mettrait en cause la réputation du supermarché Beka. Comment savoir ?

Mais après tout, les fidèles qui ont passé commande d’un mouton pour la fête ont-ils à entrer dans toutes ces considérations, ces supputations et ces on-dit ? A priori, ils n’ont pas à connaître ni les sacrificateurs, ni l’abattoir, ni le fournisseur Beka, ni l’association UJEC qui centralise les commandes. Ils ont fait confiance à leur mosquée représentée par son imam et le président de l’association cultuelle gestionnaire, mais aussi par ses membres.

Jusqu’à présent, ils ont toujours été satisfaits de telles commandes passées auprès de la mosquée de Tomblaine. L’année dernière, aucune plainte n’a été enregistrée pour retard dans la livraison du mouton.

On aura certainement une réponse autorisée dans les jours qui suivent. Pour l’instant, on ne peut que rapporter des faits en soulignant ce qui peut n’être qu’un témoignage personnel qui n’engage que son auteur.

Les questions restent légitimes et les réponses sont attendues.  Où se situe le grain de sable qui a enrayé la procédure qui, les autres années, donnait satisfaction ? Pourquoi la mosquée Assalam a fait appel à Beka ? D’autres fournisseurs étaient-ils envisagés ? Ibrahim Supermarché de Vandoeuvre par exemple ? Un appel d’offre a-t-il été lancé par la mosquée ? Qui a décidé du choix du fournisseur ? Ou tout cela est dû à l’absence de l’Imam qui est parti au Pèlerinage ?

Toutes ces questions restent toutefois contingentes pour les fidèles pour qui un problème de conscience religieuse peut se poser. Ils n’ont pas respecté le rituel du sacrifice cette année et cela peut les troubler dans leur foi.

Que dit la loi canonique de l’islam ?

 Les musulmans sacrifient un mouton le jour de l'Aïd pour symboliser l'adoration qu'ils portent au créateur. L'Aïd el-Adha ou Aïd el-Kebir commémore l'épreuve de soumission d'Ibrahim, qui accepta d'égorger son fils bien aimé sur l'ordre de Dieu. Au moment où la main levait le couteau sacrificiel, Dieu satisfait de la preuve de dévotion, envoya par l'ange Gabriel, un bélier qui fut immolé à la place de l'enfant. Le souvenir de cet événement donne lieu à grande fête du monde de confession musulmane à la gloire de Dieu.

Toujours est-il que ceux qui ont fait confiance à la procédure habituelle de la mosquée de Tomblaine attendent une réponse pour conforter leur foi. Pour l’Aïd el-Kebir, ils n’ont pas satisfait au rituel du sacrifice. Certes cela n’est pas de leur faute. Mais ils veulent quand même savoir leur situation face à ce manquement qui les affecte.

Le sujet reste ouvert pour l’instant. Maglor présentera des réponses autorisées dans les prochains jours avec des témoignages et une vidéo à l’appui.