Un an après l'attentat, Macron assure les Niçois du soutien de l'État

Emmanuel Macron a promis aux Niçois de tout faire pour que l'Etat regagne leur confiance, un an après l'attentat qui a fait 86 morts dans leur ville le 14 juillet 2016, suscitant des interrogations qui persistent sur l'efficacité du dispositif de sécurité mis en place.

 

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte et de plusieurs de ses ministres, a présidé une cérémonie du souvenir émouvante à la mémoire des victimes du camion conduit par un individu radicalisé qui a foncé sur qui venait d'assister au feu d'artifice de la fête nationale.

"Nous répondrons par la lutte à l'intérieur et à l'extérieur de nos frontières contre le terrorisme", a-t-il dit en présence de ses deux prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy ainsi que du prince Albert II de Monaco, "nous devons à nos morts ce combat sans merci".

Dans son allocution d'une vingtaine de minutes, Emmanuel Macron n'a pas esquivé les "reproches" faits aux pouvoirs publics pour ne pas avoir pu empêcher un camion fou après l'attentat sur le dispositif de sécurité en place ce soir là sur la promenade des Anglais.

Mais s'il a dit comprendre la colère des proches des victimes, il a défendu l'"intégrité" et l'"humanité" de François Hollande, son Premier ministre de l'époque Manuel Valls et son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui ont "inlassablement combattu le terrorisme".

"Tout sera fait pour que la République, l'Etat, la puissance publique, regagne votre confiance", a-t-il indiqué. "L'Etat ne vous abandonnera jamais pas plus qu'il n'abandonnera la recherche de la vérité", a encore dit le président de la République.

Il a assuré en outre, après la suppression du secrétariat d'Etat pour l'aide aux victimes et son remplacement par une délégation interministérielle, que "tout sera maintenu en matière de soutien aux victimes".

 

Haute SéCurité

"J'ai souhaité que tous les ministères concernés s'engagent aux côtés des victimes sous la responsabilité d'une personnalité d'expérience qui, pour vous, sera gage d'écoute et d'efficacité", a-t-il expliqué dans une allusion à la nomination d'une magistrate, Elisabeth Pelsez, à ce nouveau poste.

La cérémonie avait débuté par une remise de décorations - à des pompiers, médecins et membres des forces de l'ordre qui ont prodigué les premiers soins aux victimes de la soirée du 14 juillet 2016.

L'homme qui a tenté d'arrêter le camion du kamikaze en scooter a été longuement applaudi quand il a reçu la Légion d'honneur des mains du maire de Nice, Christian Estrosi. .

Après un défilé militaire, des artistes se sont succédé pour lire un court texte écrit pour l'occasion par le prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio, originaire de Nice, avant que les noms des 86 victimes soient égrenés et collés sur une affiche.

Le dispositif de sécurité déployé pour l'événement était exceptionnel. Trois plages ont été fermées sur la promenade des Anglais, où des travaux de sécurisation ont été réalisés. Vingt millions d'euros ont été investis pour empêcher les attaques à la voiture-bélier.

Le secteur de la place Masséna, où a été installée une imposante tribune officielle aux couleurs du drapeau français, a été entièrement bouclé par de hautes palissades.

Plusieurs commerces du secteur ont dû baisser leur rideau s à la demande des autorités, qui ont également insisté auprès des riverains pour qu'ils ferment leurs fenêtres entre 15 et 20 heures.

La journée devait s'achever par un concert de musique classique et l'illumination symbolique de 86 faisceaux lumineux sur la Promenade des Anglais, peu après 22h30

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