mercredi, 07 juin 2017 06:50

L'assaillant de Notre-Dame à Paris : un Algérien de Metz ?

Écrit par  M.L. et AFP

L'homme qui a attaqué au marteau un policier mardi serait un étudiant algérien inscrit comme doctorant à Metz.

 

Un policier a été attaqué mardi sur le parvis de Notre-Dame à Paris par un homme armé d'un marteau qui, blessé et arrêté, a revendiqué être un «soldat» du groupe Etat islamique, trois jours après l'attentat djihadiste de Londres.

L'assaillant «a crié au moment de l'agression C'est pour la Syrie » et était porteur d'une carte l'identifiant comme «étudiant algérien», document dont il faut encore vérifier l'authenticité, a expliqué le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb, lors d'un point presse. «Apparemment, l'individu était seul», a-t-il précisé. Après l'agression, il a «revendiqué être un soldat du califat», autoproclamé par le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en juin 2014, selon une source proche de l'enquête.

Il portait des papiers au nom de Farid I., né en Algérie en janvier 1977 et inscrit comme doctorant en sciences de l'information à Metz, de même source. Il n'y avait chez lui «aucun signe extérieur d'une adhésion excessive à l'islam», a estimé son directeur de thèse, Arnaud Mercier, toutefois intrigué par son silence depuis le mois de novembre: «Ca veut dire que sans doute il y a eu un mouvement de rupture cet automne», a-t-il expliqué sur la chaîne BFMTV.

«Quand je l'ai connu, c'est quelqu'un qui était pro-occidental et pro-valeurs démocratiques, qui croyait beaucoup à la mission des médias», a ajouté le professeur. L'agresseur a été évacué vers un hôpital. Le policier agressé, âgé de 22 ans, a lui été légèrement blessé à la tête. Un de ses collègues a riposté avec son arme de service, blessant l'agresseur au thorax.

 

«N'importe quel outil peut servir»

Outre un marteau, celui-ci avait en sa possession deux couteaux de cuisine, selon les autorités. «On s'aperçoit qu'on est passé d'un terrorisme très sophistiqué à un terrorisme où n'importe quel outil peut servir pour commettre des agressions», a observé le ministre de l'Intérieur.

Une enquête a été ouverte par le parquet antiterroriste. Une perquisition menée par une quinzaine de membres de l'unité d'élite de la police, cagoulés et lourdement armés, a eu lieu mardi soir dans une résidence étudiante de Cergy, près de Paris, où l'assaillant louait un studio. Interrogés par l'AFP, la plupart des locataires, des étudiants, ont indiqué ne pas le connaître. Un seul s'est souvenu d'un homme «très discret», qui «habitait là depuis un an et demi ou deux ans».

L'attaque a eu lieu vers 16H20 (14H20 GMT). Un témoin a rapporté à l'AFP avoir entendu «crier très fort», puis vu «un mouvement de foule». «Les gens ont paniqué, j'ai entendu deux coups de feu, vu un homme étendu par terre, du sang partout», a-t-il ajouté, sans dévoiler son nom.

«On a entendu deux bruits de coups de feu, on ne s'est pas inquiété, d'ailleurs personne ne s'est inquiété, personne ne courait», ont quant à elles relaté Aline et sa fille Gabrielle Wacogne, venues rendre visite à un proche hospitalisé. «Puis soudain on a vu des policiers arriver à pied, puis des voitures et des fourgons, ils ont tout de suite fermé les accès au parvis».

Les principales voies d'accès menant à la cathédrale ont été bouclées par des cordons de sécurité et des centaines de badauds ont été repoussés de l'autre côté de la Seine. Notre-Dame, située en plein coeur du Paris touristique, est l'un des monuments les plus visités d'Europe, avec 13 millions d'entrées par an. Plusieurs centaines de personnes y ont été confinées dans le calme. Peu avant 17H30, la préfecture de police a indiqué que la situation était «maîtrisée».

 

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