mercredi, 19 avril 2017 07:46

L’essence de contrebande alimenterait 13% des véhicules en circulation au Maroc et en Tunisie

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Six cents soixante mille (660.000), c'est le nombre de véhicules roulant au Maroc et en Tunisie avec de l'essence de contrebande en provenance de l'Algérie. Le constat a été fait par le think tank américain, The Atlantic Council qui a élaboré une étude générale sur le système de contrebande de produits pétroliers, dans de nombreuses régions du monde.

 

Pour l'auteur du document, le Dr Ian Ralby, le phénomène n'est pas assez combattu par les gouvernants des pays concernés et prend de plus en plus d'ampleur. « Le problème est resté invisible pendant de nombreuses années, les gens ne reconnaissant par le trafic d'hydrocarbures en aval comme un problème. C'est une affaire de plusieurs milliards de dollars qui touche de nombreuses personnes dans le monde », a-t-il exposé au Guardian, selon des propos relayés par le quotidien algérien Le Matin.

Dans le cas de l'Algérie et des deux autres pays du Maghreb concernés, il a expliqué que les acteurs du trafic contrôlent un vaste et riche réseau de distribution. Cela leur permet de blanchir les revenus tirés notamment du secteur de l'immobilier, autour des zones frontalières.

Il faut relever que les produits pétroliers sont généralement transportés par des ânes chargés de jerricans. En Tunisie par exemple, la contrebande représente 30% de la consommation nationale, soit 3 millions de litres par jour.

En outre, le document indique que le pétrole libyen est aussi illégalement transporté vers les ports pétroliers de l'Union Européenne. Uniquement en 2012, l'UE aurait perdu 4 milliards d'euros, en raison de ce commerce illicite. Il faut dire que dans ce cas, la contrebande d'essence est favorisée par l'instabilité politique qui a suivi la mort du guide libyen, Mouammar Kadhafi. Le pays est, depuis, divisé en deux parties et compte plusieurs factions rebelles, dont certaines accaparent les terminaux de production et d'exportation de pétrole pour vendre les produits pétroliers à certaines entités sur le vieux continent.

Pour finir, M. Ralby a déploré la complicité de certaines institutions publiques dans les pays concernés.

 

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