dimanche, 16 avril 2017 19:55

Dhafer Youssef : La musique, c'est ça ma religion

Écrit par  AFP

"La musique, c'est ça ma religion", affirme Dhafer Youssef : ce fils d'un muezzin qui, enfant, donnait de la voix dans la mosquée du petit port tunisien de Teboulba, fait aujourd'hui résonner son chant d'inspiration soufie, trempé dans un bain jazz, sur les grandes scènes internationales.

 

"Je pense qu'on naît avec quelque chose. Moi je suis né avec la voix", confie à l'AFP ce chanteur et joueur de oud (luth arabe) de 49 ans, en concert à l'Olympia de Paris ce 14 avril, avant plusieurs grands festivals en France ce printemps et cet été (Jazz sous les Pommiers à Coutances, Sète, Jazz in Marciac...).

Descendant d'une longue lignée de muezzins, Dhafer Youssef a commencé par exercer ses talents dans la sphère religieuse. "A l'époque, j'étais religieux, je suis allé à l'école coranique, à la mosquée", raconte-t-il. Mais son chant se heurte aux murs de la mosquée, trop étroite pour ce garçon épris de liberté qui va s'en éloigner. Dhafer Youssef se convertit à la musique.

Avec sa voix, "un don du ciel", un oud dont il a acquis la maîtrise au conservatoire de Tunis, mais surtout un ardent désir de rencontres et de découverte d'autres cultures, le jeune homme part à dix-neuf ans en Syrie.
Il y étudie la littérature et la musique arabes. Mais cet épicurien, revendiquant son amour pour le vin et les beaux vêtements, y découvre aussi le poète bachique du VIIIe siècle, Abou Nouwas.

Deux ans plus tard, on le retrouve à Vienne. "Je voulais aller à Vienne pour étudier la musique classique. Et, à l'époque, il n'y avait pas besoin de visa", se souvient-il. Le jeune homme y découvre d'autres esthétiques, le jazz, l'électro jazz, le jazz ouvert à la world music, en fréquentant assidûment le "Porgy and Bess", un club de la capitale autrichienne où il tisse de nombreux liens.

 

Dhafer Youssef, de son vrai nom Dhafer bin Youssef bin Tahar Maarref1, né le 19 novembre 1967 à Téboulba, est un compositeur, chanteur et oudiste tunisien.

Il entame sa carrière musicale dès l'âge de dix ans en chantant à l'occasion de mariages dans son village natal. Remarqué pour la qualité de sa voix, il acquiert une certaine notoriété au niveau local et se voit invité plusieurs fois sur Radio Monastir.

Il s'installe à Vienne (Autriche) entre 1989 et 1999 et vit depuis à Paris (France). Sa musique est nourrie de traditions soufies, de lyrisme arabe, d'influences multiculturelles et d'une instrumentation puisée dans le jazz et l'improvisation. Cette influence s'est fait sentir depuis son premier opus où il joue dans son propre groupe baptisé Ziryab, du nom du célèbre musicien andalou, puis dans son deuxième trois-titre (1996) où il s'illustre par sa vocalisation, notamment sur le morceau El Hobb el Hindi (L'Amour indien), ainsi que dans un album composé pour une pièce de théâtre à Vienne ; on en retiendra notamment le titre Galbi ala Galbak, un hymne à sa mère.

Retrouvez Dhafer Youssef sur son compte Facebook officiel.

Musicien autodidacte, vocaliste aux aigus surnaturels, Dhafer Youssef incarne comme nul autre la fusion entre chant soufi, musique arabe, jazz, électro et autres courants de la sono mondiale. Né le 19 novembre 1967 à Téboulba, en Tunisie, issu d'une dynastie de muezzins, il chantait dès son enfance avant de se mettre à l'oud puis à la basse électrique. Après un passage au conservatoire, en 1989, il est parti en Autriche pour parfaire son éducation musicale. Parallèlement à des études de musicologie, il a découvert le jazz et fait des rencontres déterminantes, soir après soir, au club viennois Porgy & Bess.

Dhafer Youssef a sorti son premier disque en 1996. Sa carrière l'a amené ensuite à collaborer avec des artistes comme Nguyen Lê, Paolo Fresu, Elvind Aarset ou Tigran Hamasyan. En 2013, l'album "Birds Requiem", dédié à sa mère disparue, a enchanté le public et la critique.