"La terre est plate" ! L'université tunisienne rejette une thèse qui voulait le démontrer.

Dans les milieux universitaires tunisiens, c'est la stupeur et la colère. L'université de Sfax, en Tunisie, a laissé une étudiante travailler sur une thèse en géologie prouvant que la Terre est plate. Et elle a travaillé sur le sujet depuis cinq ans.

Après avoir agité le monde de l’enseignement supérieur tunisien et provoqué un tollé international, la thèse qui voulait démontrer que la terre est plate a été rejetée. Cinq années de travail pour rien.

Ce qui devait arriver arriva: la doctorante qui préparait depuis cinq ans à l’université de Sfax (Tunisie) une thèse hallucinante pour démontrer que la terre est plate s’est vue refuser la poursuite de son travail. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique tunisien a confirmé lundi dans un communiqué que cette recherche était «définitivement rejetée».

C’est à la suite d’une enquête menée du 3 au 6 avril avec la coordination de l’Université de Sfax que la direction générale de la recherche scientifique a «révélé de graves défaillances procédurales ayant abouti au dépôt de ladite thèse de doctorat.» Le communiqué précise aussi que des recherches plus approfondies auront lieu pour définir le rôle des différentes parties concernées et «d’entreprendre les mesures conséquentes.»

 

Une doctorante en géologie de l’université tunisienne de Sfax a choisi de faire sa thèse en allant à l’encontre des fondements de la science moderne, avec une thèse sur « Le modèle plate-géocentrique de la terre arguments et impact sur les études climato / paléoclimatiques ».  L’étudiante cherchait à démontrer dans son étude que la Terre « est plate, fine, fixe et située au centre de l’univers ».

Des extraits de la thèse ont été cités par Jeune Afrique et montrent l'esprit de ce travail universitaire, avec l'orthographe d'origine : « en ce qui concerne les lois physiques connue on a rejeté les lois de Newton, de Kepler et d'Einstein vue la faiblesse de leurs fondements et ont a proposé par contre une nouvelle vision de la cinématique des objets conforme aux versets du coran. La vitesse de la lumière et du son sont ainsi recalculé et on démontré que leurs vitesses correspond à celle de l'ordre 1.43.109 km/s. La théorie du Bigbang et de l'expansion universelle ont été également rejeté ».

L'étudiant soutient également que « les étoiles se situent à 7 000 000 km avec un diamètre de 292 km et leur nombre est limité. Ils possèdent trois rôles : pour être un décor du ciel ; pour lapider les diables et des signes pour guider les créatures dans les ténèbres de la terre ».

 

Colère des universitaires

Sur les réseaux sociaux, ces travaux ont jeté l’émoi, en particulier chez les universitaires tunisiens. Ils sont nombreux à déplorer un travail susceptible de jeter le discrédit sur l’ensemble des chercheurs du pays. Cerise sur le gâteau, il semble que les travaux aient débuté en 2011, et que l’étudiante a pu depuis poursuivre son travail…

Sur Facebook, la physicienne Faouzia Charfi (également ancienne secrétaire d’État auprès du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique) est très en colère : « Comment un tel travail a-t-il pu être accepté dans le cadre de l’Ecole doctorale depuis 2011 ? Comment peut-on accepter que l’Université soit non pas l’espace du savoir, de la rigueur scientifique, mais celui de la négation de la science, celui où la science est refusée car non conforme à l’islam ! Réagissons et lançons une déclaration pour la défense du savoir, de l’autonomie de la science par rapport au religieux ».

 

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