Rodomontades : Bourgi accuse Fillon de lui avoir intimé le silence sur les costumes. Pire, Fillon n'a pas rendu les bons costumes !

Robert Bourgi a été "contraint de mentir" par le camp Fillon Robert Bourgi a été "contraint de mentir" par le camp Fillon

François Fillon et son entourage auraient fait pression sur Robert Bourgi pour qu'il ne révèle pas être l'auteur du cadeau vestimentaire, deux costumes d'une valeur de 13.000 euros, qui ont compromis la campagne du candidat de la droite après la révélation des emplois présumés de son épouse et ses enfants. La saga des mensonges continue. Mais cette fois, Robert Bourgui dit la vérité. Il pointe la fourberie de celui qui a porté ses costumes.

 

Rodomontades : Propos fanfarons, attitude prétentieuse et ridicule; comportement d'un rodomont. On a utilisé ce substantif pour ne pas avoir à réécrire mensonges dans le titre.

Les déclarations, ce vendredi, de Robert Bourgi ne vont pas arranger les affaires de François Fillon, déjà empêtré dans les affairesL’avocat qui avait offert au candidat de la droite à la présidentielle des costumes de luxe a déclaré avoir subi "des pressions d’ordre politique" pour "mentir".

Dans un entretien publié vendredi sur le site d'informations Mediapart, l'avocat franco-libanais, retiré à Beyrouth en raison de la "charge médiatique très forte", affirme qu'il votera malgré tout pour François Fillon, "un ami de très longue date", au premier tour de la présidentielle mais que les électeurs de Nicolas Sarkozy pourraient lui faire payer ses attaques contre l'ancien chef de l'Etat durant la campagne de la primaire.

L'avocat de François Fillon n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de réaction formulées par Reuters.

La révélation, le 12 mars par Le Journal du Dimanche, des cadeaux vestimentaires consentis à François Fillon, par Robert Bourgi notamment, figure controversée de la "Françafrique", a contribué à abîmer un peu plus l'image du candidat, qui sera mis en examen le 14 mars pour détournements de fonds publics.

L'identité du mécène a été révélée par Le Monde le 17 mars, poussant Robert Bourgi à confirmer. Face à la controverse, François Fillon a annoncé le 23 mars sur France 2 avoir rendu les costumes à son ami, concédant "une erreur de jugement".

"Je l'ai eu personnellement à plusieurs reprises. Et à plusieurs reprises, il a fait appel à ma solidarité de gaulliste. Gaulliste ou pas, je sais ce que j’ai fait et je n’ai pas à m’en cacher", raconte Robert Bourgi dans Mediapart.

"Pendant six jours, du samedi ayant précédé les révélations du Journal du dimanche au vendredi suivant, François Fillon et sa très grande papesse de la communication, Anne Méaux, ont souhaité que je ne dise rien concernant l’identité de la personne qui a offert les costumes : moi", explique-t-il.

Il explique qu'il avait choisi de marquer la victoire "inespérée" de l'ancien Premier ministre à la primaire, le 27 novembre dernier, par ce cadeau chez un tailleur de luxe parisien, sans que l'intéressé le sache.

 

LE SCÉNARIO DE 1981

L'avocat affirme que François Fillon et Anne Méaux l'ont appelé la veille de la parution du JDD "pour que je ne dise pas que c’était moi". "Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont dit : 'Tu sais, c’est la Françafrique, on va penser que...'"

"J’ai été contraint pendant une semaine de mentir. Finalement, lorsque Le Monde a sorti mon nom, j’ai confirmé."

François Fillon a téléphoné à Robert Bourgi la veille de l'émission du 23 mars sur France 2 pour lui annoncer qu'il avait décidé de rendre les deux costumes, qu'il a portés, et un blazer et un pantalon offerts pour Noël 2014. Un collaborateur du candidat les lui a apportés le 24 mars. "Ils sont entre les mains de la police à Nanterre", précise l'avocat.

Soulignant que, dans un pays anglo-saxon, un candidat mis en examen ne pourrait se maintenir, Robert Bourgi dit craindre le "scénario de 1981 lorsque M. Chirac ou ses partisans ont fait payer lourdement à Valéry Giscard d'Estaing (l'affaire des diamants offerts par le dirigeant centrafricain Jean-Bedel Bokassa-NDLR) le sort qu'il avait réservé à Jacques Chirac".

Il explique que les électeurs sarkozystes n'ont pas pardonné à François Fillon sa phrase assassine d'août 2016 contre l'ancien chef de l'Etat : "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen?"

"Aujourd’hui, l’électorat de Nicolas Sarkozy, qui est puissant et solide, pourrait avoir de la mémoire pour ces paroles", estime-t-il.

 

(Sophie Louet, Reuters)

 

François Fillon est soupçonné de ne pas avoir rendu les bons costumes

La police a engagé des vérifications sur les costumes de luxe offerts, fin 2016, à François Fillon par l'un des derniers survivants des vieux réseaux de la Françafrique, l'avocat Robert Bourgi. Les enquêteurs soupçonnent le candidat LR de ne pas avoir restitué les bons.

Il n'a pas rendu l'argent, et ce n'étaient pas forcément les bons costumes. La police judiciaire a engagé des vérifications sur les embarrassants costumes de luxe offerts, fin 2016, à François Fillon par l'un des derniers survivants des vieux réseaux de la Françafrique, l'avocat Robert Bourgi. Les enquêteurs soupçonnent le candidat des Républicains à la présidentielle de ne pas avoir restitué les bons costumes de la marque Arnys (propriété du groupe LVMH), selon des informations de Mediapart.

 

La fébrilité gagne le camp Fillon qui érige la goujaterie en système de vie

Trois spectateurs du meeting toulousain de François Fillon ont été expulsés jeudi de la réunion publique, en raison de leur apparente neutralité.

La fébrilité gagne le camp François Fillon ? Trois personnes ont été expulsées jeudi du meeting toulousain du candidat de la droite en raison d'un supposé manque d'enthousiasme, rapporte France 3.

Les trois spectateurs ne sont en effet pas des sympathisants de l'ancien Premier ministre. Simples curieux et pas encartés chez les Républicains, ils assurent s'être rendus à la réunion publique pour se forger une opinion sur François Fillon.

Leur calme aurait toutefois intrigué l'équipe de campagne du candidat. Les trois refoulés l'assurent: ils ont été expulsés du meeting par "l'organisation du Zénith" mais "sur ordre de l'équipe de François Fillon".

Interrogé par France 3 Occitanie, l'entourage du député de Paris justifie l'éviction des spectateurs. "Les trois personnes se trouvaient dans un endroit dangereux pour la sécurité du candidat. Ils avaient effectivement une attitude de neutralité qui pouvait les rendre suspects."

Excès de zèle? L'expulsion des trois spectateurs n'est peut-être pas étrangère à un récent incident dans la campagne de l'ancien Premier ministre. Le 6 avril dernier, François Fillon avait été enfariné par un jeune homme à son arrivée à un meeting à Strasbourg.

Alors que l'ancien Premier ministre s'avançait vers la tribune pour prononcer un discours, un homme, qui portait un t-shirt "Les étudiants avec Fillon" pour se faire passer pour un militant, avait déversé sur le candidat un paquet rempli de farine, avant de se faire plaquer au sol par les services de sécurité.

Bref, Fillon a inauguré avec ses mensonges, ses trahisons et ses turpitudes le goujatisme.