Fillon se défile de nouveau et s'enfonce dans le mensonge

Tout était programmé. Jean-Jacques Bourdin devait faire passer aux onze candidats à la présidentielle des entretiens d'embauche avant la tenue du premier tour du scrutin le 23 avril. Oui, mais l'un d'entre eux a finalement annulé sa venue, prévue le 21 avril, a indiqué le journaliste ce jeudi. Un certain François Fillon. Pour masquer sa fuite devant des questions de fond, le candidat de la droite extrême a menti. Une fois de plus ! Enfin, il se défile devant toute demande d'explication sur ses turpitudes, comme c'est le cas avec la Dépêche du Midi.

 

« Il veut pas venir, il veut pas venir. Les absents ont toujours tort et je pense qu’il faut toujours affronter les questions », a indiqué le journaliste. « Il y a quelques mois, il souhaitait absolument qu’on parle des affaires. Oui, mais c’était à l’époque de la primaire quand on parlait de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, terminé. Il n’en veut plus », ironise Jean-Jacques Bourdin.

Le journaliste a accusé hier François Fillon de mensonge, après son refus de participer à son "Entretien d'embauche" sur BFMTV et RMC. "François Fillon ment. Je ne l'ai jamais insulté. Il a annulé. Il n'a jamais proposé trois autres dates. Où est l'autorité morale ?", a-t-il écrit sur Twitter. Ce matin, il en a remis une couche en direct, rappelant que le rendez-vous du 21 avril prochain avait été pris en janvier dernier et confirmé depuis. "Jamais trois dates n'ont été proposées. J'aurais insulté François Fillon, c'est faux ! Les mots ont une valeur, j'ai simplement dit que François Fillon se dérobait", a-t-il expliqué, rappelant que François Fillon incitait les journalistes "à ne pas lâcher les affaires", quand il s'agissait de celles de... Nicolas Sarkozy. "Ma conscience professionnelle m'invite à lui donner rendez-vous ici face à moi, mais surtout face à vous", a-t-il lancé, proposant une nouvelle date, le 18 avril.

Depuis le lundi 10 avril, Jean-Jacques Bourdin présente un nouveau rendez-vous dans lequel il interroge les candidats à la présidentielle pendant une heure. Hier, on apprenait que François Fillon avait finalement refusé d'y participer. "Il ne veut plus parler des affaires, donc il estime que l'on ne peut plus l'interroger (...) Vous savez les absents ont toujours tort dans la vie", avait expliqué Jean-Jacques Bourdin.

Un peu plus tard dans la journée, sur BFMTV face à Ruth Elkrief, François Fillon a accusé le journaliste de l'avoir "insulté". "C'est totalement malhonnête... J'ai proposé deux dates (...) et je me fais insulter ? Je me fais insulter en direct sur l'antenne de BFMTV. Donc, je n'irai pas à ce rendez-vous là dans des conditions comme celles-là. Je ne suis pas aux ordres de Jean-Jacques Bourdin", a-t-il déclaré, avant de proposer une porte de sortie : "S'il veut revenir sur les propos qu'il a tenus et que l'on trouve une date, je serai ravi d'y aller, comme j'y suis allé très souvent". Réponse attendue dans les prochaines heures.

 

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Les questions gênantes de la Dépêche du Midi

« Les "erreurs" que vous admettez du bout des lèvres avoir commises ne montrent-elles pas à quel point vous êtes déconnecté de la vie des Français ? » Cette question de La Dépêche du Midi a déplu à François Fillon.

Le quotidien régional, propriété de Jean-Michel Baylet (Parti radical de gauche), qui a publié ce jeudi une interview du candidat du parti Les Républicains à la présidentielle, a décidé d’en informer ses lecteurs en faisant apparaître dans un encadré toutes les questions auxquelles l’homme politique a refusé de répondre en expliquant qu’il ne voulait « plus s’exprimer sur les "affaires" ».

Les autres interrogations laissées sans réponses sont les suivantes :

  • « Cette campagne est un chemin de croix pour vous. Vous aviez déjà quelque peu édulcoré votre programme avant l’émergence des "affaires" qui vous mettent en cause. Ce programme n’est-il pas rendu inaudible aujourd’hui par l’homme qui le porte ? »
  • « Lorsque vous dites aux Français : "Je ne vous demande pas de m’aimer, mais de me soutenir", n’est-ce pas l’aveu que le lien minimum d’adhésion entre un candidat et le peuple a été brisé ? »
  • « Considérez-vous que si vous êtes élu président de la République, votre victoire effacera dans l’esprit des Français votre image dégradée ? Aurez-vous l’autorité morale pour exercer le pouvoir ? »

Honnêtement, cet homme a-t-il la stature d'un Président de la République française ? BIen sûr que non !

 

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