mercredi, 02 novembre 2016 09:06

L'Algérie est fière du peintre Etienne Nasreddine Dinet (1861-1929)

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Un atelier de reproduction de six toiles du peintre Etienne Nasreddine Dinet (1861-1929) baptisé "Sur la trace du papillon" a été ouvert mardi au musée nationale Etienne Dinet, de la ville de Boussaâda (M'sila),en Algérie.

 

Devant se poursuivre, tout au long du mois de novembre courant, l'atelier permettra de reproduire les différents thèmes traités dans les œuvres artistiques de Dinet particulièrement celles ayant trait à la vie socioculturelle de la cité du bonheur, immortalisés par l'artiste de Bousaâda a précisé à l'APS le conservateur du musée Rabeh Dhrif.

Des toiles jamais reproduites seront "le sujet" de cet atelier a détaillé le conservateur, soulignant que c'est pour la première fois que le public accompagnera les artistes le long du processus de reproduction des tableaux. Il a ajouté que "l'atelier en live" permettra au public d'accéder aux coulisses de la créativité artistique et de se familiariser avec les différentes étapes précédant la présentation d'une oeuvre d'art finalisée.

M. Dhrif a encore détaillé que la baptisation de l'atelier "sur la trace du papillon" est en référence à la raison qui a conduit Dinet en 1884 à Bousaâda, dans un premier voyage à la recherche d'un papillon rare dans une région connue par sa biodiversité des plus riches. Le musée national Etienne Dinet de Bousaâda a restitué, au début de l'an 2000, onze toiles signées par ce peintre orientaliste, et qui sont actuellement exposées au musée public national du Bardo, à Alger, a-t-on encore noté.

Alphonse Etienne Dinet, devenu Nasredine Dinet après sa conversion à l'Islam est né le 28 mars 1861 à Paris (France) et décédé le 24 décembre 1929 dans la même ville, est un peintre orientaliste français. En 1884, Dinet fait son premier voyage dans le Sud algérien avec une équipe de savants entomologistes, dans la région de Bousaâda. L'année suivante, un second voyage le conduit à Laghouat et à la région du Mzab, avant de s'installer définitivement à Bousaâda en 1905. Il parcourt le désert et se familiarise avec les tribus nomades et bédouines, découvrant la tradition arabo-berbère qu'il reflétait à travers ses œuvres artistiques.

 

 

Étienne-Auguste Dinet est né dans la bourgeoisie parisienne du Second empire. Illustrateur d'une Algérie intemporelle, il s'est converti à l'islam et a été enterré sous le nom de Nasreddine Dinet : ainsi pourrait-on résumer la trajectoire de ce peintre orientaliste français (1861-1929).

Mais l'histoire d'Étienne-Nasreddine reste singulière. En 1918, il est le premier auteur d'une biographie en français du Prophète de l'islam. Un récit écrit à la demande la République, pour honorer les soldats musulmans tués au combat pendant la Grande guerre. Ce beau livre, écrit en collaboration avec Sliman ben Ibrahim, ami de Dinet, illustré d'œuvres du peintre et de magnifiques calligraphies de l'artiste algérois Mohammed Racim, est aujourd'hui réédité.

Dinet a eu deux vies, celle d'Étienne et celle de Nasreddine, et il semble qu'elles continuent chacune leur chemin par-delà la mort. Peintre aujourd'hui encore très coté (une toile intitulée « Sous les lauriers roses » a été vendue 745 000 euros par Christie's à Paris en juin 2013), il est devenu parallèlement une sorte d'artiste officiel du régime algérien. Cet écheveau d'ambiguïtés ne peut se démêler que dans le cadre de l'histoire de la colonisation et de ses conséquences.

 

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