Le Luxembourg dépassé par le nombre de migrants qui viennent d'Italie

«Depuis début décembre, des migrants en procédure en Italie arrivent massivement par le train au Luxembourg. La situation est devenue ingérable!», lance Jean Asselborn. Le ministre des Affaires étrangères et européennes, veut régler le problème à Bucarest. Condition sine qua non pour que le Luxembourg vienne en aide à l'Italie dans l'affaire Sea Watch 3.

«Le Luxembourg est venu se rajouter à la liste des pays amis qui ont répondu à notre invitation (de prendre des migrants, ndlr). Maintenant nous sommes sept pays (Italie, France, Portugal, Allemagne, Malte, Roumanie et Luxembourg). Dans les prochaines heures, les opérations de débarquement vont commencer», a déclaré devant la presse à Milan Giuseppe Conte, le chef du gouvernement italien, indique l'AFP. Rappelons que depuis douze jours, 47 migrants sont bloqués sur le Sea-Watch 3. 

Effectivement contacté mardi par son homologue italien, Enzo Moavero Milanes, le ministre des Affaires étrangères et européennes du Luxembourg, Jean Asselborn, nuance toutefois l'annonce du gouvernement italien. Il serait satisfait de voir «la Commission européenne s'occuper de cette affaire afin de répartir les charges» car «ça ne doit pas se passer au niveau bilatéral».

M. Asselborn explique avoir exprimé le fait que «le Luxembourg est solidaire de l'Italie» mais «n'a indiqué aucun nombre», ni d'ailleurs d'intention formelle d'accueillir dans l'immédiat des naufragés du Sea-Watch 3, battant pavillon néerlandais et qui se trouve actuellement au large de Syracuse.

«Près de 200 personnes sont arrivées par le train»

Il faudra au préalable et urgemment régler un contentieux qui pénalise actuellement les capacités du Luxembourg à accueillir de nouveaux migrants. La situation est même devenue «ingérable» selon Jean Asselborn. «Depuis début décembre», rapporte le ministre, «près de 200 personnes sont arrivées par le train au Luxembourg alors que ce sont des cas "Dublin" en procédure en Italie». Le ministre ne cache pas les difficultés du Luxembourg a faire face à cette vague, sans précédent, de «migration secondaire».

Ces migrants, essentiellement d'origine érythréenne, ont entamé leur procédure de demande d'asile en Italie et tentent de rallier le Luxembourg pour y faire de même. Mais «ils devront retourner en Italie qui doit les accepter. C'est le système Dublin», résume Jean Asselborn qui est justement en partance pour Bucarest.

Cet afflux inattendu de migrants fait que le Luxembourg «est dépassé par le nombre d'accueils», assure le ministre. Selon des éléments précis qu'il révélera à la presse en début de semaine à venir, le chiffre de migrants accueillis «est pratiquement supérieur aux chiffres durant la crise migratoire de 2015.»

Mardi, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisie par l'ONG allemande Sea Watch, n'avait pas exigé le débarquement des migrants mais demandé à l'Italie de leur apporter rapidement des soins médicaux, de l'eau et de la nourriture. En revanche, l'autorité italienne garante des droits des détenus a dénoncé une «détention illégale» à bord et celle chargée des mineurs a exigé à plusieurs reprises le débarquement immédiat des 13 adolescents du groupe. 

Lundi, les Pays-Bas ont rejeté l'appel de l'Italie à accueillir les 47 migrants, arguant que le navire battant pavillon néerlandais avait agi «de sa propre initiative». «C'était au capitaine de Sea Watch 3 de trouver un port à proximité pour débarquer les 47 migrants qu'il avait à bord», a estimé le gouvernement néerlandais. 

Quelque 113.482 migrants ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe l'année dernière, selon l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. 2.262 personnes ont perdu la vie ou ont disparu au cours de cette traversée périlleuse.

Source ; Wort Luxembourg