Miss Algérie 2019 répond à ses détracteurs (vidéo)

Les nombreuses attaques racistes subies par Khadidja Benhamou, couronnée la semaine dernière Miss Algérie 2019, n’ont pas affectée la jeune fille d’Adrar. « Oui j’ai eu des critiques, j’ai lu certaines. Je leur dis qu’ils doivent me connaître avant de me juger », a-t-elle lancé à l’adresse de ses détracteurs, ce mardi, lors de l’émission TSA Direct.

« Il n’y a pas de différence entre les couleurs de peau et il ne faut pas juger une personne avant de la connaître », a-t-elle répondu à ces critiques, souvent violentes.

C’est du jamais vu dans l’histoire du concours Miss Algérie. Pour la première fois depuis sa création dans les années 1980, une candidate originaire du Sud du pays – de la ville d’Adrar exactement - l’a emportée lors de la cérémonie, qui s’est déroulée sur la scène du Théâtre national algérien, à Alger.Khadija Benhamou, c’est son nom, est aussi la première lauréate à la peau mate. De quoi déchaîner une avalanche de commentaires racistes sur les réseaux sociaux. La jeune femme a également de fervents supporters. Ces dernières heures, de nombreuses pages Instagram ont été crées pour la soutenir. Son compte officiel, lui, est suivi par près de 15.000 abonnés.

La polémique qu'a déclenchée son élection ne semble pas impressionner Khadija, jusqu’ici hôtesse d’accueil dans un restaurant. "Je ne regarde pas les réseaux sociaux. Que Dieu montre le chemin à ceux qui me critiquent et préserve ceux qui m’encouragent", a-t-elle réagi à la télé algérienne, au lendemain de sa victoire.

Dans la presse, les critiques à l’encontre de la jeune femme interpellent. Dans un édito publié dimanche sur le site d’informations Tout sur l’Algérie, la journaliste Nidal Aloui estime que l'élection de Khadija Benhamou "soulève le couvercle du racisme (...) Le concours de cette année aura révélé dans son horreur un monstre qui enlaidit la société algérienne, aux cris duquel les réseaux sociaux ont donné une résonance planétaire." Pour elle, "l’indignation ne suffira pas. Ces comportements doivent trouver une réponse des pouvoirs publics qui nous renvoient sans cesse à l’identité nationale. L’Algérie est diverse. Mais cette diversité n’est pas incarnée dans la représentation politique, dans les médias et dans la production audio-visuelle."