Les avocats dans la rue à Alger

Un millier d'avocats a manifesté samedi en robe noire dans le centre d'Alger pour appeler au changement de régime.

Les centaines d'avocats, qui manifestent ce samedi, veulent maintenir la pression au lendemain de nouveaux cortèges monstres à travers le pays réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika.

Un mois après le début de ces rassemblements inédits, la contestation du «système» ne montre pas de signe d'essoufflement, note la presse privée. Le quotidien d'Etat juge, lui, «pragmatique» la transition proposée par le pouvoir pour régler la crise.

«Non à la violation de la Constitution», «Avocats aux côtés du peuple», pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des avocats, venus de plusieurs régions du pays et rassemblés sur le parvis de la Grande Poste, bâtiment emblématique du coeur de la capitale algérienne.

«Système dégage!»

«Y en a marre de ce pouvoir», «Système dégage!», ont-ils scandé en agitant des drapeaux algériens - vert et blanc, frappés de l'étoile et du croissant rouges. Une avocate du barreau de Blida (40 km au sud d'Alger) s'est fait confectionner une robe d'avocat aux couleurs nationales. Les avocats ont forcé un cordon de police pour défiler dans le centre de la capitale, avant de se disperser sans incident.

Le 23 mars est en Algérie la Journée nationale de l'avocat, instituée en souvenir de l'avocat indépendantiste Ali Boumendjel, torturé et tué par l'armée française le 23 mars 1957 durant la guerre d'indépendance (1954-1962).

Confronté depuis le 22 février à une contestation sans précédent depuis son élection en 1999 à la tête de cet Etat pétrolier, M. Bouteflika a promis la mise sur pied à une date non précisée d'une «Conférence nationale» devant réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution. Mais il a également repoussé la présidentielle prévue le 18 avril à après la fin de ladite Conférence, prolongeant de fait sine die la durée de son quatrième mandat au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.