Heurts entre policiers et manifestants à Alger

Des centaines de jeunes ont affronté la police en plein coeur d'Alger, renvoyant les grenades lacrymogènes que tirent les policiers tentant de les disperser.

(AFP) - Quelques centaines de jeunes ont affronté la police vendredi en plein coeur d'Alger, renvoyant les grenades lacrymogènes que tirent les policiers. Ils ont fini par être dispersés à l'issue d'un 8e vendredi de manifestations hebdomadaires qui a fortement mobilisé, selon des journalistes de l'AFP.

Ces violences sont survenues en marge d'un gigantesque défilé dont les participants ont réclamé le départ du président par intérim Abdelkader Bensalah. Ils avaient obtenu la démission d'Abdelaziz Bouteflika le 2 avril, après 20 ans au pouvoir.

A la tombée de la nuit, les policiers ont réussi à repousser quelques centaines d'irréductibles qui les affrontaient aux abords du carrefour de la Grande Poste, bâtiment situé au coeur d'Alger, alors que l'essentiel du cortège s'est dispersé dans le calme. Après s'être interposés entre émeutiers et policiers, des manifestants ont commencé à nettoyer les rues, ramassant douilles de lacrymogènes et pierres.

Le défilé dans la capitale s'est déroulé en majeure partie dans le calme mais dans une ambiance plus tendue qu'à l'accoutumée, des heurts ont éclaté dès le milieu d'après-midi, en plein centre d'Alger, entre des manifestants et un cordon de police.

108 personnes arrêtées

De premières échauffourées sont survenues sur la place Maurice-Audin, un des points de passage du cortège chaque vendredi, où les policiers bloquant l'accès à un boulevard ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui ont lancé des pierres.

Selon la police, qui a attribué les violences à des «délinquants» infiltrés, 83 policiers ont été blessés dont quatre grièvement et 108 personnes arrêtées. Des manifestants ont également été légèrement blessés par des pierres, dans les bousculades ou ont fait des malaises en raison du gaz lacrymogène.

Une voiture de police a été incendiée. Plusieurs véhicules ont également été vandalisés, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. Des manifestants se sont interposés aux cris de «Silmiya!» («pacifique!»), mot d'ordre de la contestation, avant de nettoyer les rues, une fois les affrontements terminés.