Des intellectuels algériens disent non à la visite de Mohamed Ben Salmane en Algérie

Des intellectuels algériens ont lancé, ce samedi 1er décembre, un Manifeste pour dire « Non » à la visite en Algérie de Mohamed Ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, prévue cette semaine.

« L’Algérie s’apprêterait à recevoir en visite officielle le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohamed Ben Salmane, dont le monde entier sait de science certaine qu’il a été l’ordonnateur d’un crime abominable contre la personne du journaliste Jamal Khashoggi, crime dont on ne trouvera point de parallèle dans les annales de l’humanité civilisée », est-il écrit dans le texte.

« En le faisant tuer de manière sauvage par ses sbires, dont la cruauté dépasse l’imagination, ce prince a montré son vrai visage imperméable à tout sentiment humain », est-il ajouté.

Les signataires reprochent au prince héritier saoudien d’avoir envoyé les troupes au Yémen et d’avoir bombardé « des populations aux mains nues ». « C’est un autre exemple qui témoigne d’une conduite cruelle et anti-humaine. Seul le président américain Donald Trump peut saluer (MBS) comme un prince « réformateur », est-il encore souligné.

Les signataires du Manifeste s’interrogent : « En accueillant l’Émir saoudien Mohamed Ben Salmane, l’Algérie officielle ne risque-t-elle pas d’accorder une prime d’encouragement à la politique rétrograde de cette monarchie, exportatrice non seulement du pétrole, mais aussi de l’intégrisme Wahabite qui se dégrade rapidement en intégrisme violent ? ». « Nous, les signataires du présent Manifeste, en notre qualité de citoyens et d’intellectuels d’un pays qui a été à la pointe de la lutte contre toutes les formes d’oppression, d’injustice et d’obscurantisme, nous élevons notre voix, haut et fort, pour dire non à cette visite inopportune et injustifiée du point de vue tant politique qu’étique », est-il mentionné.

Le texte est signé, entre autres, par Abderrazak Guessoum, président de l’Association des Oulémas algériens, par Rachid Boudjedra, romancier, Kamel Daoud, écrivain, Nacer Djabi, sociologue, Mohamed Sari, universitaire et écrivain, Abdelkader Djeriou, comédien et metteur en scène, Hmida Layachi, Mustapha Benfodil, Lahsen Bourbia, Abdelatif Belkaïm et Mohamed Zaoui, journalistes. Il s’agit des premiers signataires.