Ben Salmane, le prince encombrant, en Algérie

Après le G20, la Mauritanie, la Tunisie, le prince héritier saoudien a été accueilli en Algérie, provoquant de nouvelles critiques.

Tout se complique pour  Mohammed ben Salmane (MBS). Au G20 en Argentine, à part Vladimir Poutine, le prince héritier a été accueilli froidement par ses pairs. « El Watan » le qualifie désormais de « prince encombrant » qui tente de « briser son isolement diplomatique ». Ben Salmane a en effet vu « l'étau se resserrer autour de lui après l'assassinat barbare du journaliste Jamal Kashoggi ». Alors que le jeune prince effectue, dimanche et lundi, une visite officielle en Algérie, le quotidien affirme que le nouveau visage de l'Arabie saoudite que veut incarner MBS s'est « rapidement assombri par la brutalité avec laquelle il gouverne son pays, la Mecque de l'autoritarisme. Par le feu et la fureur ».

L'Arabie saoudite, « la Mecque de l'autoritarisme »

L'opération de charme, ajoute le journal, passe en tout cas mal auprès des opinions publiques. Au point où « il doit y avoir de la gêne chez les gouvernements qui l'accueillent », notamment en Algérie. Cela d'autant plus que, note « El Watan », « Alger est de plus en plus accusé par une partie de la classe politique nationale de s'être aligné sur la position diplomatique saoudienne », comme  « dans l'agression militaire contre le Yémen ».  Et pourtant les intérêts, aux yeux d'« El Watan », d'Alger et de Riyad ne coïncident pasL'Arabie saoudite « a un rôle important dans le remodelage de la carte géostratégique au Moyen-Orient post-révolution arabe ». Et pour le journal, cette redéfinition se « dessine par la normalisation avec l'Etat hébreu qui s'accompagne inévitablement de l'abandon de la question palestinienne ». Décidément le monde arabe se prépare à de nouvelles fractures.

Source : Les Echos