Algérie : manifestation massive à Alger contre la présidentielle fixée au 12 décembre

"Pas de vote". Lors d'un 33e vendredi consécutif de contestation en Algérie, les manifestants algérois ont réitéré leur rejet de l'élection présidentielle du 12 décembre, fixée par le pouvoir et soutenue par l'armée.

(AFP) - Une foule de manifestants a défilé dans les rues d’Alger et d'autres villes algériennes, vendredi 5 octobre, contre la présidentielle de décembre fixée par le pouvoir et un "système" dont ils réclament depuis sept mois la disparition.

"C'est notre pays, c'est à nous de décider et il n'y aura pas de vote", ont scandé les manifestants, hostiles à la tenue le 12 décembre de la présidentielle.

Cette date a été exigée par le haut commandement militaire pour élire un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, poussé en avril à la démission sous la pression conjuguée de la rue et de l'armée, et sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé depuis février.

Un cortège compact de manifestants, impossible à chiffrer en l'absence de tout comptage officiel, a rempli les rues du centre de la capitale algérienne, à l'issue de la grande prière musulmane hebdomadaire, bravant le fort déploiement policier et les mises en garde de l'armée à ceux qui s'opposent à la tenue du scrutin.

Selon des journalistes locaux et des sites d'information, la mobilisation a aussi été importante dans de nombreuses villes du pays. Les cortèges, notamment à Alger, se sont dispersés sans incident en fin d'après-midi.

Conformément aux instructions données le 18 septembre par le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, d'empêcher les manifestants d'autres régions de défiler à Alger, des barrages de gendarmerie ont entravé la circulation aux entrées de la capitale, provoquant de nombreux bouchons, selon des manifestants.

Lors de ce 33e vendredi consécutif de manifestations, les slogans des protestataires ont visé expressément l'armée et son chef d'état-major, homme fort du pays face à un président par intérim, Abdelkader Bensalah, largement invisible.

Plus tôt cette semaine, le général Gaïd Salah a réitéré ses avertissements à ceux qui voudraient "perturber" la tenue du scrutin, présenté comme un gage de "démocratie" souhaité selon lui par "la majorité écrasante du peuple algérien".

Mais pour les manifestants, cette élection ne servira qu'à maintenir en vie un "système", dont une partie des acteurs sont encore au pouvoir malgré le départ d’Abdelaziz Bouteflika.