Algérie : l’icône du raï Houari Manar est mort à 39 ans

La voix joyeuse du nouveau raï s’est éteinte, lundi 7 janvier 2018, dans une clinique privée d'Alger, suite à une complication lors d'une intervention chirurgicale. Son homosexualité assumée lui a valu des déboires durant toute sa carrière… et des insultes même après sa mort. 

Rares sont les Algériens qui n’ont pas dansé sur les airs enlevés et festifs de Houari Manar, Houari Madani pour l’état civil. Selon la presse algérienne, il aurait succombé à une crise cardiaque consécutive à une anesthésie générale, en vue d'une opération de chirurgie esthétique, dans une clinique privée. La voix joyeuse du raï, adoré par les jeunes – et les moins jeunes –, s’est éteinte à jamais.

Généreux, exubérant, Houari Manar, installé à Oran, a fait ses débuts dans les cabarets – passage obligatoire pour tous les raïmen – de la côte Ouest d’Algérie. Il s’est très vite imposé. Si sa musique faisait presque consensus parmi ses concitoyens, son homosexualité assumée, voire revendiquée, lui a valu une mise au ban par les autorités et… les insultes d’une partie de la population, essentiellement des conservateurs. Il représentait aux yeux de ces derniers tout ce qu’ils détestaient : le fait d'être un artiste libre, festif et gay….

Une enquête a été ouverte pour connaître les circonstances exactes de sa mort.

 

Mohamed Berkani (Rédaction Afrique France Télévisions)