À l’origine du crash d’avion en Algérie : « une probable avarie de moteur »

Mercredi 11 avril, 257 personnes ont péri dans un crash d’avion militaire sur la base aérienne de Boufarik à une trentaine de kilomètres d’Alger. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décrété un deuil national de trois jours

C'est la plus grande catastrophe aérienne en l'Algérie depuis son indépendance. Mercredi 11 avril à 8 h, un Iliouchine II-76 de l'armée de l'air algérienne, qui effectuait sa rotation quotidienne Boufarik-Tindouf- Béchar, s’est écrasé peu après son décollage sur la base aérienne de Boufarik, à une trentaine de kilomètres au sud d’Alger.

Un bilan provisoire officiel, donné par le ministère algérien de la Défense, fait état de 257 morts, 247 passagers – pour la plupart des militaires et des membres de leur famille – et dix membres d’équipage. 

Selon le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, une trentaine de malades sahraouis et leur famille se trouvaient également à bord de l’avion. Le Front Polisario, mouvement indépendantiste du Sahara occidental, a décrété un deuil d’une semaine.

« L’appareil a subi une probable avarie de moteur au moment du décollage, puis une perte de puissance quelques secondes après avoir quitté la piste d'envol de l'aéroport militaire de Boufarik à 60 kilomètres au sud d’Alger », explique un officier de l’armée de l’air à Middle East Eye

Selon une source militaire contactée par MEE, la boîte noire de l’appareil a été retrouvée à 10h30.

Le vice-ministre algérien de la Défense, également chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP, forces armées algériennes), le général Ahmed Gaïd Salah, qui a interrompu sa visite d’inspection dans la deuxième région militaire à l’ouest du pays, s'est rendu sur les lieux de l'accident et a ordonné la mise en place « immédiate d'une commission d'enquête afin de déterminer les circonstances de l'accident », selon le ministère de la Défense.

تلقينا أنا وزوجتي كارين ببالغ الحزن والأسى خبر وقوع ضحايا إثر سقوط طائرة عسكرية قرب المطار العسكري ب #بوفاريك. أفكارنا وصلواتنا مع عائلات الضحايا. تقف #الولايات_المتحدة_الأمريكية إلى جانب الشعب #الجزائري في هذا المصاب الجلل. #USDZpic.twitter.com/Pxm2kxStLN

— Ambassador Desrocher (@USAmbtoAlgeria) 11 avril 2018

Traduction : « Ma femme Karen et moi avons appris avec une grande tristesse la nouvelle des victimes de l'avion militaire tombé près de l'aéroport militaire de Boufarik. Nos pensées et nos prières vont aux familles des victimes. Les États-Unis  se tiennent aux côtés du peuple algérien dans cette grande tragédie »

Un secouriste présent sur place témoigne également à MEE : « Une douzaine de personnes ont été ‘’retrouvées en état de choc’’ mais auraient la vie sauve alors que 28 autres dans un état plus grave ont été évacuées vers les hôpitaux d’Alger et de Blida. » 

Ce n'est pas la première fois qu'un appareil militaire s'écrase dans cette région. Le 30 juin 2003, un avion-cargo Hercules C-130 des forces aériennes s'était écrasé au décollage sur un quartier de la périphérie de Beni Mered, faisant douze morts dont huit morts au sol. 

J'ai appris avec une profonde tristesse l’accident tragique de l'avion militaire près de la base de Boufarik. Je pense aux familles des victimes. Je leur exprime ainsi qu’au gouvernement algérien mes plus sincères condoléances et toute ma solidarité dans cette douloureuse épreuve

— Xavier Driencourt (@XMDriencourt) 11 avril 2018

Le 11 février 2014, un autre Hercules C-130 assurant la liaison Tamanrasset-Constantine s'était écrasé à l'approche de l'aéroport de destination. L’enquête avait conclu à la responsabilité de l'équipage. Ce crash avait fait 77 morts et un survivant.

C'est le vingtième accident aérien depuis 1997. Avant ce crash, 181 personnes avaient péri dans les mêmes conditions, l'année 2014 avait même connu un pic de quatre accidents.

L’Iliouchine II-76 est actuellement l’avion-cargo le plus utilisé par les forces aériennes algériennes. Il a la capacité de transporter jusqu'à 500 passagers, ou 35 tonnes d'équipements sur 4 000 km. 

إرتفاع عدد ضحايا سقوط الطائرة العسكرية إلى 257 شهيدا
إنا لله وإنا إليه راجعون#boufarik#بوفاريك pic.twitter.com/botvbF9NhE

— fadel zoubir (@FADELZOUBIR) 11 avril 2018

Traduction : « Le bilan des victimes du crash d’avion militaire monte à 257 morts. À Dieu nous appartenons et à lui nous reviendrons »

Suite au crash d’un Avion militaire à Boufarik, je présente mes sincères condoléances aux familles des victimes, martyrs du devoir, et au commandement de l’Armée Nationale Populaire et les assure de ma compassion en cette douloureuse circonstance

— Abdelkader Messahel (@Messahel_MAE) 11 avril 2018

Les forces aériennes algériennes disposaient de quinze appareils de ce modèle dont cinq servant aussi au ravitaillement en vol. Cette flotte d'Il76 date pour la plupart des années 1990. Certaines acquisitions avaient été faites de seconde main ou étaient une transformation de la version civile acquise sur le marché international aux standards militaires.

L'aviation de transport est considérée comme le parent pauvre de la modernisation de la flotte aérienne algérienne qui n'a pas procédé à un renouvellement de ses appareils ces dernières années.

La maintenance des Il76 se fait généralement par des ingénieurs algériens, localement. 

L'Algérie procède à d’importantes révisions des appareils arrivés en milieu de vie, en Russie, sous la supervision d'ingénieurs algériens qui surveillent les opérations de rénovation de la cellule et même des moteurs.

Il n'y avait jamais eu d'incidents auparavant, ce type d'avion étant considéré comme très robuste.

Le président Abdelaziz Bouteflika a adressé un message de condoléances aux familles des victimes et décrété un deuil national de trois jours.