Venezuela : Le ras-le-bol des habitants

Depuis la mi-janvier, le Venezuela traverse une crise politique sans précédent dans le monde, avec l'autoproclamation de Juan Guaido comme président par intérim. 

"On a faim, on est vraiment affamés." L'impatience gagne les Vénézuéliens, qui font leur possible pour affronter les crises économique et politique qui secouent le pays. Dimanche 27 janvier, une habitante témoigne de son ras-le-bol alors qu'elle fait la queue pour obtenir des produits subventionnés. Cela fait près de cinq heures qu'elle patiente. Le Venezuela, déjà frappé par une extrême inflation, est désormais plongé dans l'instabilité politique, après que le principal opposant au pouvoir, Juan Guaido, s'est autoproclamé président par intérim.

"Je travaille une semaine pour manger un jour", confie cet autre habitant à une équipe de France 2 sur place. Des propos auxquels fait écho une autre riveraine de Caracas. Elle vient d'acheter une boîte d'œufs pour 4 000 bolivars. Dans le pays, le salaire minimum s'élève à environ 8 000 bolivars par mois (soit 3,36 euros). " Vous savez, si j'essaie d'acheter de la viande, ou du poisson, c'est impossible ! C'est beaucoup trop cher", déplore-t-elle. 

"Il ne gouverne pas le pays de la bonne façon"

Pour beaucoup de Vénézuéliens, le responsable de la situation n'est autre que le président du pays, Nicolas Maduro. "Ça fait cinq ans qu'ils sont là et qu'ils n'ont rien fait", se désole un Caracassien. Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, le PIB a chuté de 50%. L'économie du pays dépend à 96% de ses ressources en pétrole. Or, cette production est à son plus bas niveau depuis trente ans. Une autre habitante s'emporte : "Il n'y a rien qui va ici. Il ne gouverne pas le pays de la bonne façon."

"La délinquance a explosé, il n'y a plus d'entreprises, tout est fermé ! Il n'y a plus de travail, les rues sont sales, il n'a rien fait.", une habitante de Caracas à France 2

Mais tous ne sont pas convaincus de la prise de pouvoir de Juan Guaido. Le 23 janvier, plusieurs rassemblements ont eu lieu, pour et contre Nicolas Maduro, qui reste soutenu par l'armée du pays.

"On était riches mais on ne le savait pas, parce que tout cet argent a été dévalué", explique YoMaria, devant d'énormes liasses de bolivars. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’inflation a dépassé 1 300 000% en 2018 au Venezuela, en plein naufrage économique et politique.

À Cucuta, en Colombie, le principal point d'entrée des migrants vénézuéliens qui fuient en masse leur pays, YoMaria ajoute qu'elle ramasse souvent des billets que les gens jettent. "Qu'est-ce qu'on peut acheter avec ça ? Rien", assure-t-elle devant des paquets d'argent. Cette Vénézuélienne a trouvé une solution pour rentabiliser quelque peu ces papiers sans valeur. Avec ces liasses, elle fabrique des porte-monnaie tissés avec les billets de banque. Quelque 36 billets lui servent à la fabrication d'un porte-monnaie... qu’elle vend l'équivalent d'1,50 euro.