Tuerie dans deux mosquées de Nouvelle Zélande : tout a commencé dans l'Est de la France

Deux mosquées de Christchurch, localité de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, ont été la cible d'une attaque terroriste. 

Des policiers armés ont été déployés dans le centre de Christchurch ce vendredi 15 mars alors que la presse locale et les autorités faisaient l'état de fusillades dans deux mosquées de cette localité de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. La première ministre Jacinda Arden a dénoncé une attaque terroriste et a annoncé que le pays relevait son niveau d'alerte à la sécurité à "élevé".

Le bilan n'est pas encore fixé alors que la Première ministre a annoncé 49 morts et une quarantaine de blessés, quelques heures après le drame. Un tireur a pu être identifié par les médias puisqu'il s'est filmé pendant la tuerie.

Brenton Tarrant, dont l'identité a été confirmée par les autorités néo-zélandaises samedi matin (heure de Nouvelle-Zélande), a comparu dans la foulée et été inculpé pour meurtres. Il restera en prison jusqu'à la prochaine audience le 5 avril.

"Il est clair qu'on en peut que décrire cela comme une attaque terroriste", a déclaré la Première ministre. "Pour ce que nous en savons, (l'attaque) semble avoir été bien planifiée".

L'assassin qui a tué 49 fidèles a publié un «manifeste» sur Twitter et filmé son attaque en direct, un mode opératoire qui rappelle celui de l'extrémiste norvégien. La police a demandé aux gens de ne pas partager les images, dans lesquelles ont voit l'assaillant tirer sur des fidèles à bout portant. 

«La police a connaissance d'images extrêmement pénibles relatives à l'incident de Christchurch circulant sur internet», a-t-elle expliqué sur Twitter. «Nous déconseillons fortement de partager le lien. Nous travaillons à ce que ces images soient retirées». L'AFP a analysé une copie de la vidéo publiée sur Facebook Live qui montre un homme blanc aux cheveux courts se rendre en voiture jusqu'à la mosquée Masjid al Noor de Christchurch, puis tirer quand il rentre dans le lieu de culte. L'AFP a établi l'authenticité de la vidéo au moyen d'une enquête numérique, en comparant notamment des captures d'écran des images du tireur montrant la mosquée avec de multiples images de la même zone disponibles sur internet.

Tout a commencé dans l'Est de la France

Un «manifeste» expliquant les motivations de l'attaque a été publié vendredi matin sur un compte Twitter portant le même nom et la même image profil que la page Facebook ayant diffusé l'attaque en direct. Intitulé «le Grand remplacement», ce document de 73 pages déclare que le tireur voulait s'en prendre à des musulmans. Le titre semble être une référence à une thèse de l'écrivain français Renaud Camus sur la disparition des «peuples européens», «remplacés» selon lui par des populations non européennes immigrées, qui connaît une popularité grandissante dans les milieux d'extrême droite. 

Dans le manifeste, le tireur dit qu'il est né en Australie dans une famille aux revenus modestes et avoir 28 ans. Il déclare que les moments clé de sa radicalisation furent la défaite de la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen à la présidentielle française de 2017 et une attaque au camion qui fit cinq morts à Stockholm en avril 2017, dont une fillette de 11 ans. 

Brendan Tarrant, le tireur australien de Christchurch, est décrit comme un terroriste d’extrême droite. Passé par l’est de la France en 2017, il aurait fomenter son passage à l’acte après s’être rendu dans un cimetière militaire.

Dans le manifeste publié par Brendan Tarrant, il écrit notamment : « Je me souviens être entré dans un centre commercial pour acheter de la nourriture dans une ville de taille moyenne de l’est de la France, comptant environ 15 à 25 000 personnes. Alors que je restais assis dans ma voiture de location sur le parking je voyais un flot d’envahisseurs traverser les galeries du centre commercial. Il y avait deux fois plus d’envahisseurs que de Français. J’en avais assez vu et suis sorti de la ville en colère, refusant de rester plus longtemps dans cet endroit maudit. »

Il évoque également les « croix blanches » d’un cimetière militaire devant lesquelles il aurait éclaté en sanglot, expliquant que « c’est là que j’ai décidé d’agir, de m’engager dans la force. De m’engager dans la violence. De mener le combat contre les envahisseurs moi-même ».

"Les terribles conséquences d'un climat de haine et de division"

La communauté musulmane d'Australie, d'où est originaire le tireur, a publié un communiqué dénonçant une attaque terroriste et conseillant aux membres de la communauté musulmane d'être très vigilants dans les jours à venir. "Cet acte de terreur sur des adorateurs innocents est une atrocité et nous pleurons les victimes et leurs familles. Ce massacre d'aujourd'hui est le produit de l'islamophobie et de la marginalisation grandissantes des musulmans et rappelle à toutes les personnes concernées, y compris les dirigeants politiques et les médias, les terribles conséquences qu'un climat de haine et de division peut entraîner."