Qui est donc Bilal Hassani ?

C'est un message de tolérance qu'il a porté dans les foyers du monde entier ouverts sur le concours de l'Eurovision. Samedi 18 mai au soir, Bilal Hassani a représenté la France dans le concours de l'Eurovision. Il n'a pas gagne, mais sa prestation de qualité est un message universel de tolérance.

Ses perruques, son style flamboyant et son homosexualité revendiquée lui ont valu des torrents d'insultes sur les réseaux sociaux. Fan de Lady Gaga et de Freddie Mercury, le jeune homme de 19 ans a impressionné les journalistes étrangers par sa maturité et sa parfaite maîtrise de l'anglais.

Né dans une famille musulmane, écolier dans une école catholique, il met un point d'honneur à être inclassable. "Elles ne devraient pas du tout exister ces cases et si j'arrive à les rendre floues, ce n'est que du bon", indique-t-il. Bilal Hassani chante aujourd'hui le titre, dit-il, qu'il aurait aimé entendre étant adolescent. Un hymne à la différence qui portera les espoirs de la France.

Elevé par sa mère en région parisienne, il suit un parcours scolaire "chaotique" qui lui permet tout de même de décrocher un bac L en 2017. Mais pour Bilal, l'essentiel est ailleurs : il n'a pas 10 ans qu'il prend des cours de chant, de danse, de piano et de guitare. Il aime le RnB et la pop, il écoute Beyoncé et Freddie Mercury. Et en octobre 2015, il fait sa première apparition télévisée dans "The Voice Kids".

"Je fais ce qui m'amuse parce que la vie est courte"

Alors âgé de 16 ans, il ne porte pas encore de perruque, la monture de ses lunettes n'est pas ronde et fine mais rectangulaire et épaisse. En interprétant Rise Like a Phoenix de Conchita Wurst, gagnant de l'Eurovision 2014, Bilal Hassani fait se retourner les trois fauteuils rouges des coachs du télécrochet de TF1.

Eliminé lors de l'étape suivante de l'émission, Bilal n'a pas dit son dernier mot. Incité par ses amis, le talentueux millennial investit les réseaux sociaux. "YouTube, ça fait partie des choses qui sont devenues importantes dans ma vie parce que cela me procure du plaisir, ça m'amuse. Et tout ça, je le fais parce que la vie est courte", explique simplement le jeune homme.

A partir de 2016, sa chaîne est alimentée avec ses chansons originales, des reprises, mais aussi des vidéos qui le propulsent parmi les youtubeurs français les plus populaires chez les ados. A la manière d'une conversation sur Skype, Bilal Hassani se confie. Avec humour, il raconte sa vie quotidienne, ses déboires (comme la fois où il s'est fait virer de son collège après avoir flirté avec un camarade d'internat, en quatrième), présente sa mère (qui rétorque aux "méchants commentaires !") ou son frère aux internautes, répond aux questions de ses abonnés, relève des défis ou encore teste du maquillage.

"Bonsoir Pariiiiiiiiiiiiiiiis, yeeeeaaaah hi yeeeeaaaah !" C'est avec ce gimmick devenu culte qu'il commence chacune de ses vidéos. Des séquences truffées d'effets venus de la culture web, de mèmes et de franglais. "Disgusting", "shook", "cute", "iconic" : des termes issus de la pop culture américaine qui contribuent à la touche du flamboyant Bilal Hassani.

Bilal Hassani s'amuse et s'assume. La perruque, il la porte seulement dans ses vidéos ou sur scène. "Tout petit, je prenais des chiffons ou des serviettes parce que j'adore les cheveux longs. Aujourd'hui, la perruque, c'est juste un truc pour me sentir invincible, une cape de super-héros", confie le jeune homme à franceinfo.

"Je suis pas dans les codes / Ça dérange beaucoup", chante-t-il dans Roi"A 19 ans seulement, il questionne le rapport à la masculinité. Très simplement, il fait ce qu'il aime et il montre que c'est possible", observe Mathilde Truong, journaliste à Madmoizelle.com qui lui a consacré un article ("Bilal Hassani, ce role model que j’aurais voulu avoir ado").

Pour autant, le principal intéressé refuse d'endosser le rôle de porte-parole d'une cause. "Je ne le prends pas comme une responsabilité. Mais je suis content que mon message puisse résonner auprès de certaines personnes qui parfois peuvent se sentir moins fortes que d'autres", explique-t-il. "Ce qu'on est / On ne l'a pas choisi", résume-t-il dans Roi. Et le message résonne. Aujourd'hui, plus de 700 000 abonnés suivent le youtubeur. Une communauté fidèle qu'il appelle "mes vies""mes puces" ou encore "mes legends" et qui lui offre plusieurs centaines de milliers de vues, parfois des millions.

Source : France Info