Paris : Douze mille personnes défilent contre les violences sexistes

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dans toute la France pour réclamer des mesures ambitieuses afin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, un mouvement né un an après le mouvement #MeToo contre le harcèlement sexuel.

(Reuters) - A Metz, Nancy, Marseille, Lyon, Toulouse, Lille, Nantes ou Paris, hommes et femmes arborant tenues et calicots violets, couleur choisie par le collectif #NousToutes, ont demandé que la lutte contre ces violences soit érigée en priorité par le gouvernement.

“Stop aux violences sexistes et sexuelles”, “Solidarité” ou encore “Plus jamais ça” figuraient parmi les slogans, notamment lors d’une grande manifestation qui a arpenté les Grands Boulevards de Paris, de l’Opéra à la place de la République, dans une ambiance bon enfant qui contrastait avec les violences constatées lors de la manifestation des “Gilets jaunes”.

A Paris, le défilé “violet”, qui a réuni 12.000 personnes selon la préfecture de police, a dépassé en nombre celui des manifestants contre la hausse du prix des carburants dans la capitale, qui étaient 8.000 en milieu d’après-midi.

Près de 220.000 femmes subissent chaque année des violences de la part de leur conjoint ou ex-compagnon, selon des chiffres officiels de 2017. Plus de 250 femmes sont violées chaque jour en France, et une sur trois a déjà été harcelée ou agressée sexuellement au travail.

Le Parlement a adopté le 1er août dernier un texte sur les violences sexuelles et sexistes, prévoyant notamment la verbalisation du harcèlement de rue et l’allongement de 20 à 30 ans du délai de prescription pour les viols sur mineurs. Il comporte également des mesures contre le cyberharcèlement.

Mais le collectif #NousToutes le juge insuffisant pour lutter efficacement contre le phénomène.

Les manifestations étaient soutenues par de nombreux partis politiques de gauche, dont La France insoumise et le Parti socialiste, et des syndicats - CGT, CFDT et Solidaires.

“Pour la CFDT, la responsabilité de tous les acteurs du monde du travail est engagée, et c’est la vigilance collective et l’action au quotidien, qui permettront de changer réellement les choses”, écrit la centrale dans un communiqué.

La CGT, elle, estime qu’à l’approche de la journée internationale pour l’élimination des violences contre les femmes le 25 novembre, “en France, 80% des femmes subissent du sexisme au travail”.