Marseille et Macron accueillent ce lundi le “sommet des deux rives”

Emmanuel Macron se rendra ce lundi à Marseille pour participer au "Sommet des deux rives". Un sommet qui rassemblera ministres et représentants de la société civile de 10 pays de la Méditerranée occidentale autour d'un "agenda positif".

L'Elysée a donné dans un communiqué et en quelques phrases la tonalité de ce sommet :

"L'ambition de cette réunion internationale est d'exprimer une envie de Méditerranée et de lancer une dynamique de coopération entre ces pays autour de projets concrets sur la jeunesse, le développement durable ou le numérique...Car c'est aussi par le co-développement, la coopération qu'on traitera à la racine les problèmes actuels liés à l'immigration sud-nord, les trafics ou le radicalisme."

Ce lundi, le président de la république, Emmanuel Macron sera à Marseille pour participer au sommet des deux rives. Ce sommet rassemble les pays du groupe "5 plus 5": cinq pays d'Afrique du Nord (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Libye) et cinq pays d'Europe occidentale (Portugal, Espagne, France, Italie et Malte), qui seront représentés par leur ministre des Affaires étrangères ou un secrétaire d'Etat.

Une rencontre à l'initiative d'Emmanuel Macron 

L'idée de cette rencontre avait été lancée par Emmanuel Macron, soucieux de développer "une politique méditerranéenne forte", lors d'une visite à Tunis début 2018. Depuis,
a été mis en place un groupe de 100 représentants (dont 54 femmes, avec une moyenne d'âge inférieure à 42 ans) de la société civile, qui se sont réunis lors de forums thématiques dont la synthèse a été faite début juin à Tunis. 

Emmenés notamment par la Prix Nobel tunisienne Ouided Bouchamaoui, ils ont affirmé dans une déclaration leur "détermination" à développer sur les deux rives de la
Méditerranée "les valeurs de solidarité inclusive, d'égalité hommes/femmes, de compréhension et de respect mutuel".

Une quinzaine de projets à l'ordre du jour

Une quinzaine des quelque 200 projets dénombrés seront mis en avant lors de cette réunion, à laquelle assisteront des représentants de l'Union européenne, de l'Allemagne
et des grandes institutions financières comme la Banque Mondiale ou la Banque européenne d'investissement.

Les crises que traversent l'Algérie et la Libye pourraient être évoquées en marge de la réunion. Emmanuel Macron assistera lundi à la mi-journée à la séance de clôture du sommet et s'y exprimera, avant un déjeuner commun au Palais du Pharo, qui domine le Vieux Port.

A l'initiative de la France, le Sommet des deux rives des 23 et 24 juin affiche un objectif clair : impulser une dynamique "positive" et "inclusive" en Méditerranée. D'un côté, les cinq Etats européens de la rive nord - Italie, Malte, France, Espagne et Portugal. De l'autre, cinq Etats méditerranéens d'Afrique subsaharienne - Algérie, Tunisie, Maroc, Libye et Mauritanie. Un format de dialogue à "5+5" qui remonte à 1990 et une volonté, pour ces deux régions voisines qui entretiennent des relations aussi complexes qu'anciennes, de relancer leur coopération.

Relations euro-africaines

Au niveau européen, c'est en 1995 que l'UE s'est dotée d'un véritable volet méditerranéen, avec notamment la mise en place du partenariat Euromed qui réunit les Vingt-Huit ainsi que 15 Etats d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et des Balkans.

A l'initiative du président français de l'époque, Nicolas Sarkozy, ce partenariat a été renforcé en 2008 par la création de l'Union pour la Méditerranée, qui promeut le dialogue et la coopération dans la région.

es dernières années, face aux défis des Printemps arabes et des questions migratoires et sécuritaires, la coopération entre les deux rives de la Méditerranée s'est particulièrement inscrite dans des logiques de stabilité et d'intégration régionale.

Mais les Etats de l'espace méditerranéen ambitionnent aujourd'hui de relancer leur collaboration autour de nouveaux projets. "Il nous faut retrouver le fil d’une politique méditerranéenne différente en tirant les enseignements de ce que nous avons réussi et de ce que parfois nous ne sommes pas parvenus à faire", a ainsi déclaré Emmanuel Macron, le 27 août 2018, en confirmant la tenue de ce Sommet des deux rives.

"La Méditerranée n’est pas désertée, au contraire, elle déborde !", analyse Sébastien Abis, chercheur à l'IRIS qui note l'enthousiasme que suscite la région mais déplore "le manque de synergie" qui caractérise "le mille-feuille euroméditerranéen".

Société civile

En amont du sommet, d'avril à juin, se sont tenus cinq forums thématiques préparatoires dans différents pays et sur différents thèmes, de l'énergie à la jeunesse et l'éducation en passant par le tourisme.

Cent personnalités de la société civile - dix par Etat - ont notamment été sélectionnées dans le but de recenser les projets issus de la société civile. Réunie les 11 et 12 juin à Tunis, cette "Assemblée des cent", menée par la Tunisienne Wided Bouchamaoui, également cheffe de file de la délégation tunisienne, a pu synthétiser ces idées dans le but de les rapporter aux décideurs lors du sommet.

L'Assemblée a ainsi publié la Déclaration de Tunis, décrite comme "une initiative qui laisse à la société civile un rôle de premier plan pour relancer la coopération sur de nouvelles bases", autour de 5 thèmes principaux : l'énergie, la jeunesse, l'économie et l'innovation, la culture et l'alimentation durable.

Dans les projets et propositions de la société civile, "il y a de tout, de l'inédit comme du réchauffé, de l’original comme du redondant, du fédérateur régional comme du projet local", précise toutefois Sébastien Abis.

Que peut-on, dès lors, attendre de ce sommet ? La mise à l'agenda et la réalisation de "projets et initiatives concrets en faveur du développement humain, économique et durable dans la région", selon le chercheur.

Une multitude de participants

La société civile française est de son côté représentée par Patricia Ricard, présidente de l'Institut océanographique Paul Ricard qui défend la protection des milieux marins.

Aux côtés des représentants de la société civile, sont également invités aux Sommet des deux rives l’Union européenne, l’Allemagne et des organisations méditerranéennes (Union pour la Méditerranée, Fondation Anna Lindh). Comptent aussi parmi les participants les principales organisations économiques internationales comme la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, et l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).