L'Italie chute de douze places dans le classement des démocraties

Salvini a fait reculer la démocratie en Italie

L'Italie, dirigée depuis juin par un gouvernement d'alliance entre un parti anti-système (le M5S) et un parti d'extrême droite (la Ligue), a plongé au classement annuel des démocraties établi par The Economist Intelligence Unit (en anglais), publié mercredi 9 janvier.

Le pays arrive en 33e position en 2018, soit douze places de moins que l'année précédente, selon ce rapport établit par des experts. Cette chute est en grande partie liée aux mesures portées par la Ligue de Matteo Salvini, homme fort du gouvernement. Son parti s'est allié pour former un gouvernement avec le Mouvement cinq étoiles (M5S) dirigé par Luigi Di Maio, qui est cependant épargné par le rapport.

La chute est en grande partie liée aux mesures portées par la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, homme fort du gouvernement, selon le classement 2018 établi par "The Economist Intelligence Unit".

L'Italie souffre d'une "profonde désillusion à l'encontre des institutions politiques, dont le Parlement et les partis politiques, qui se répercute à travers un soutien à des 'hommes forts' contournant les institutions politiques", décrivent les experts. Matteo Salvini "a souvent utilisé une rhétorique anti-étrangers" et a prôné l'évacuation de Roms occupant illégalement des logements, en dépit d'une condamnation de la Cour européenne de justice, relèvent-ils. "Tout cela contribue au risque de détérioration des libertés civiles", estime le rapport de The Economist Intelligence Unit, une société britannique.

Matteo Salvini "a souvent utilisé une rhétorique anti-étrangers" et a prôné l'évacuation de Roms occupant illégalement des logements, en dépit d'une condamnation de la Cour européenne de justice, relèvent-ils. L'Italie a notamment été épinglée par la nouvelle Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, la Chilienne Michelle Bachelet, dans son premier discours prononcé en septembre, note le rapport.

Dénonçant en particulier la décision prise par Matteo Salvini de fermer les ports italiens aux navires ayant secouru des migrants, elle avait annoncé qu'une équipe se rendrait en Italie pour évaluer "la forte augmentation signalée des actes de violence et de racisme contre les migrants, les personnes d'origine africaine et les Roms".

"Tout cela contribue au risque de détérioration des libertés civiles", estime le rapport de Economist Intelligence Unit. Le classement annuel pointe aussi le fait que le gouvernement italien évoque de nouveaux dangers potentiels pour réduire les libertés des citoyens. Ainsi, un nouveau décret-loi sécurité et immigration du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini a été adopté en novembre. Sa principale mesure abolit les permis de séjour humanitaires jusqu'à présent accordés aux personnes vulnérables, familles ou femmes seules avec enfants.

La France maintient, elle, sa 29e place au classement des démocraties avec un score de 7,80 points. Comme les autres pays d'Europe de l'Ouest classés comme "démocraties imparfaites", l'Hexagone échoue à passer dans la catégorie des "pleines démocraties", notent les experts de The Economist Intelligence Unit. Le premier du classement reste la Norvège, suivie de l'Islande, de la Suède, de la Nouvelle-Zélande et du Danemark. Les trois derniers sont la République démocratique du Congo (165e), la Syrie (166e) et la Corée du Nord (167e).

Pour les pays du Maghreb, la meilleure place revient à la Tunisie. Elle est classée au 63 ème rang au niveau mondial, devant le Maroc (100 ème place) et l'Algérie (126 ème place).

Télécharger le rapport (en anglais) ici