Les Français jugent le pays "moins juste" mais "plus dynamique"

Selon un sondage BVA publié mercredi par L'Obs, les Français estiment que leur pays est "moins juste" mais "plus dynamique" depuis l'accession au pouvoir du président Emmanuel Macron en mai 2017.

Le sondage, réalisé par BVA, publié par l'hebdomadaire français "l'Obs" permet de mettre en évidence que 58% des Français estiment que "la France a changé depuis un an". 

Les chiffres publiés mercredi dans les colonne de "l'Obs" sont clairs. Les Français admettent que l'élection d'Emmanuel Macron à la tête du pays il y a presque un an, a permis des changements. Selon l'étude, ils sont 32% a déclarer que les mutations sont même plus importantes que ce qu'ils avaient envisagé. 

Ces chiffres sont toutefois à remettre dans leur contexte puisque 30% de la population jugent que les changements sont négatifs alors que 21% seulement pensent que le pays a changé "en bien". "49%" des sondés ont déclaré n'avoir pas perçu de changement. 

En terme de politique internationale, 57% des Français interrogés estiment que la France a pris de l'importance au niveau international et 53% la jugent plus dynamique. 

C'est en revanche sur le point de l'égalité que les chiffres traduisent une inquiétude des citoyens français puisque 72% des sondés pensent que le pays est moins juste depuis l'élection d'Emmanuel Macron et 75% qu'elle est moins égalitaire. 

De cette enquête, BVA  trois enseignements importants :

Pour un bon nombre de personnes, le sentiment d’injustice est donc bien en quelques sortes neutralisé par l’idée qu’ « on ne pouvait plus repousser les réformes », et l’espoir qu’au final, les améliorations l’emportent sur les dégâts collatéraux du réformisme. Beaucoup expriment la conviction qu’il faut « bouger beaucoup de secteurs » pour libérer une « France sclérosée », idée qui l’emporte sur le mécontentement individuel qu’ils expriment par ailleurs, souvent généré par des mesures catégorielles pénalisant directement les répondants (CSG pour les retraités, impression que les efforts consentis ne touchent pas certaines catégories de « privilégiés »…). L’injustice de certaines mesures peut même, aux yeux de certains, être lue comme un gage d’efficacité future : loin du « clientélisme » pratiqué par les gouvernements antérieurs – avec les résultats que l’on sait -, l’impopularité des réformes serait la preuve qu’on « prépare un avenir meilleur sans être obnubilé par le présent ». On constate donc, chez un bon nombre de personnes, l’association étroite qu’ils font entre ce qui serait « nécessaire » et douloureux ».

Cette neutralisation du sentiment d’injustice par l’idée d’un mouvement nécessaire ne pourra, par nature, qu’être temporaire. Elle fonctionne tant que beaucoup de Français – ils sont encore plus de 40 % – réserveront leur jugement sur les résultats obtenus par le gouvernement. Ils ne soutiennent en effet pas le mouvement pour lui même, mais pour les résultats qu’ils imaginent au bout du chemin. Cela permet de s’interroger sur la manière dont l’opinion évoluera le jour où le « mouvement » ne servira plus de bouclier au gouvernement, et où sera venue l’heure du jugement sur les résultats.

A l’inverse, les propos de ceux qui ne jugent les réformes ni justes, ni indispensables, sont souvent focalisés sur une lecture individuelle, voire individualiste des réformes menées. Ne voyant pas – ou niant l’existence d’un projet d’ensemble pour le pays, ces personnes s’arrêtent sur des mesures qui les touchent directement, ou qui entrent dans une grille de lecture idéologique propre (souvent celle des « gros », favorisés, contre les « petits », à qui l’on demande toujours plus d’efforts). A travers ces propos, transparaît finalement une forme de défaite idéologique de la gauche socialiste et insoumise : l’idée de justice n’est presque jamais associée à « ce qui est bon pour le pays ». Tout se passe comme si, pour beaucoup, la guérison d’un pays que tous s’accordent à dire malade passerait par la souffrance, comme si l’injustice était le prix à payer pour améliorer l’avenir.

 

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