Le succès du G7 de Biarritz

Lutte contre les incendies qui ravagent l'Amazonie, reprise en main des négociations avec l'Iran sur son programme nucléaire ou taxation des GAFA: les trois jours de rencontres entre les présidents des sept Etats les plus riches auront permis de bouger certaines lignes.

(AFP) - Emmanuel Macron avait prévenu à l'entame de ce G7, organisé en France: pas question de perdre du temps à tenter d'écrire une déclaration commune. L'exercice s'étant toujours avéré délicat et occupant bien plus de temps quasiment que les discussions entre chefs d'Etat eux-mêmes. Aussi, au terme de trois jours de rendez-vous, discussions, tractations, le président français s'est-il contenté de faire part de son sentiment.

L'environnement a préoccupé les dirigeants italien, allemand, canadien, américain, japonais, britannique et français. Aussi, Emmanuel Macron s'est tout d'abord alarmé, lundi au terme du sommet, des feux de forêt qui ravagent non seulement la forêt amazonienne mais aussi ceux constatés en Afrique subsaharienne. 

Si les sept pays réunis à Biarritz vont débloquer d'urgence 20 millions de dollars pour envoyer des avions bombardiers d'eau lutter contre les incendies de forêts en Amérique du Sud, essentiellement au Brésil, une mesure du même ordre pourrait être lancée en direction de l'Afrique. 

Des images satellitaires ont en effet montré ces dernières semaines une augmentation des incendies notamment en République démocratique du Congo, en Zambie et en Angola. Mais, pour les experts, la nature de ces feux est différente de ceux d'Amazonie puisqu'ils sont surtout liés à la culture sur brûlis, une méthode traditionnelle vivace dans les zones agricoles. 

Une rencontre États-Unis/Iran 

Dans son propos, le président Macron a aussi souligné que les discussions au G7 avaient créé «les conditions d'une rencontre et donc d'un accord» entre les présidents américain Donald Trump et iranien Hassan Rohani sur la crise du nucléaire iranien.

 «Rien n'est fait, les choses sont éminemment fragiles», a-t-il prévenu au cours de la conférence de presse finale du sommet. Mais il a jugé la rencontre possible d'ici quelques semaines.

Le président Trump a, pour sa part, déclaré qu'il était prêt à rencontrer le président iranien Rohani si les «circonstances» étaient réunies. 

Pour le chef de l'Etat français, il s'agit de «voir comment on peut bâtir un nouvel accord nucléaire avec l'Iran», les Américains souhaitant qu'il porte sur «une période plus longue» et sur «davantage de sites surveillés». Il n'a pas voulu en donner davantage de détails qui pourraient «fragiliser» les négociations. 

«La France jouera le rôle qu'elle doit jouer avec l'Allemagne, la Grande-Bretagne» et les autres pays signataires de l'accord sur le nucléaire de 2015, dont les Etats-Unis ont décidé de sortir cet été.

Gare aux Gafa

Les pays du G7 ont convenu de «trouver un accord en 2020 dans le cadre de l'OCDE» concernant une taxe internationale sur les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple). Il a été entendu que le jour où cette taxe internationale serait mise en place, la France «supprimera» sa propre taxe. Il s'agit aux yeux du président Macron d'un «très bon accord» trouvé avec les Etats-Unis sur la taxation des géants du numérique. Jusqu'alors, la question était un des principaux points de discorde entre Paris et Washington.