Le pacte de Marrakech pousse l'extrême droite française à la folie

Les 10 et 11 décembre, les états membres de l’ONU sont attendus à Marrakech (Maroc), pour ratifier le « Pacte sur les migrations ». 

Le président de la République Emmanuel Macron, ainsi que la majorité des états membres de l’ONU (l’Autrice, l’Australie, la Croatie, les États-Unis, Israël, la Hongrie, la Pologne, la Serbie, la Slovaquie et la Suisse ne signeront pas le document, ndlr) sont en effet attendus les 10 et 11 décembre à Marrakech pour signer le pacte mondial pour les migrations.

Ce pacte, fixe au total vingt-trois objectifs visant à promouvoir « des migrations sûres, ordonnées et régulières », parmi lesquels : la lutte contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine ; faire en sorte que les filières de migration régulière soient accessibles et plus souples ; sauver des vies et mettre en place une action internationale coordonnée pour retrouver les migrants disparus ou encore renforcer la lutte transnationale contre le trafic des migrants ; gérer les frontières de manière intégrée, sûre et coordonnée ; ou encore investir dans le perfectionnement des compétences et faciliter la reconnaissance mutuelle des aptitudes, qualifications et compétences.

Pas de valeur contraignante

Contrairement à certaines idées et rumeurs relayées sur la toile, ce texte ne mettra pas à mal la souveraineté des états. Et pour cause, le pacte a une valeur non-contraignante. Leonard Doyle, porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations, a récemment réaffirmé à l’AFP que le pacte migratoire «  ne change rien au droit de la gestion des frontières. Il espère inculquer un peu d’ordre aux mouvements transfrontaliers afin qu’ils soient moins chaotiques et moins problématiques pour les gouvernements.»

Hystérie de l'extrême droite sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, des internautes d'extrême droite dénoncent Emmanuel Macron qui va signer prochainement cet accord, qui, selon eux, pourrait faire perdre à la France toute souveraineté.

Dans des textes qui circulent sur les réseaux sociaux entre les militants du mouvement, ainsi que dans des vidéos de sympathisants regardées plusieurs milliers de fois, des internautes affirment que la signature de ce fameux pacte mondial causerait la fin de la France. Et ce, avec plusieurs arguments qui se révèlent entièrement faux. « Les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron », c’est une des inquiétudes les plus partagées via les réseaux sociaux, qui est formulée de deux façons différentes. La première assure qu’Emmanuel Macron, après la signature de ce pacte, se verrait accorder les pleins pouvoirs via l’ONU, sans qu’on en sache quel est le procédé ni dans quel cadre ces « pleins pouvoirs » s’exerceraient.

La copie du projet du document final publié en juillet dernier, ne comporte aucune mention d’une quelconque transmission de pouvoirs ou de compétences. Les 23 objectifs listés en préambule du texte et consultables en ligne se concentrent sur les conditions de vie des migrants, avant, pendant et après leur processus de migration. Si ces « pleins pouvoirs » s’exercent dans le cadre du contrôle de l’immigration, alors la France dispose déjà de ces prérogatives, explique Gaëtan Gorce, chercheur associé à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris), spécialiste des questions migratoires. « Cela concerne la souveraineté de l’Etat, qui reste totalement maître en la matière », précise-t-il.