Le monde arabe en cinquante films à Fameck (Moselle)

Le palais oriental du Festival du film arabe de Fameck en Moselle a ouvert ses portes le 3 octobre jusqu'au 15 octobre 2018. Avec pas moins de cinquante films à l’affiche, la manifestation reste une occasion unique de découvrir les cultures arabes.

Née il y a vingt-neuf ans au cœur du quartier de Fameck, la petite manifestation lancée à l’époque par un groupe de jeunes et Mario Giubilei, prêtre-ouvrier et animateur du centre social, est devenu un rendez-vous culturel international majeur. Ici chaque film – plus de 100 projections proposées pendant dix jours – est prétexte à la rencontre, à l’échange, aux discussions qui s’éternisent autour d’un thé à la menthe, d’une pâtisserie ou d’un couscous.

« Les festivaliers sont interpellés par la culture ou l’actualité des pays arabes qu’ils ont envie de découvrir », glisse Anne-Marie Hennequin, présidente du Festival et de la Cité sociale de Fameck. « Et cette curiosité est partagée par toute l’équipe de programmation. »

Un cinéma populaire

« On a souvent associé au festival l’étiquette d’un cinéma d’auteur, mais il est d’abord grand public ! Le cinéma égyptien, par exemple, a toujours été très populaire. » Autour de l’Égypte, pays à l’honneur cette année, le public pourra redécouvrir les films de Youssef Chahine, Gare centrale ( ou le Chao. Mais le festival laisse aussi place aux jeunes réalisateurs d’Algérie, du Maroc, de Tunisie ou du Liban etc.

« Les cinémas arabes, un temps boudé par l’Occident commencent à se faire connaître, relève Mahjouba Galfout, coordinatrice de la manifestation. Plusieurs films distingués à Canne cette année ( Capharnaüm , prix du jury, ou Sofia , meilleur scénario de la section Un certain regard etc.) seront d’ailleurs à l’affiche du rendez-vous fameckois aux côtés d’autres films inédits ou en avant-première.

Avec les révolutions arabes, la guerre en Syrie, la montée de l’intégrisme… les réalisateurs s’emparent de sujets d’actualité. Ce que le public pourra découvrir, encore cette année, ce sont « des films forts sur des sujets forts, la montée de l’intégrisme, la place des femmes, les difficultés sociales… »

L'Egypte à l'honneur en 2018

Dominant les écrans du monde arabe par la diversité et la qualité de sa production, le cinéma égyptien a toujours été représenté dans la programmation du Festival de Fameck, avec notamment des films de Youssef Chahine, Tawfiq Saleh ou Yousry Nasrallah.

Après la révolution égyptienne du 25 janvier 2011, c’est une toute nouvelle génération de réalisateurs qui prend le relais, porteuse de films originaux, témoins des bouleversements politiques et sociétaux. À Fameck, deux œuvres du jeune cinéma égyptien ont reçu le Grand Prix deux années de suite : Clash de Mohamed Diab en 2016 et Withered Green de Mohammed Hammad en 2017. Des films de Tarik Saleh et Ibrahim El Batout ont également été sélectionnés. C’est donc pour célébrer et découvrir toute la richesse de son patrimoine et de son actualité cinématographiques que le Festival du Film Arabe de Fameck choisit de mettre l’Égypte à l’honneur en 2018.

Organisé par la Cité Sociale et la Ligue de l’enseignement - FOL Moselle, le Festival du Film Arabe est l’un des rendez-vous majeurs de la rentrée culturelle dans la région Grand Est. Il propose plus de 40 films, longs métrages de fiction, documentaires, courts métrages dont beaucoup inédits ou en avant-première, avec pour objectif de promouvoir une cinématographie émergente. La programmation regroupe plus de 110 projections sur dix jours embrassant la production de pays comme le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Jordanie, la Syrie, la Palestine, l’Irak, le Liban, etc. Plusieurs distinctions sont remises lors du palmarès : Grand Prix, Prix du Jury Jeunes, Prix du Jury Presse, Prix du Public, Prix du Documentaire et Prix du Court Métrage.

Une sélection hors compétition intitulée « Ouverture sur le monde » est également proposée. Elle réunit des films qui ne sont pas produits par des pays du monde arabe mais qui y sont liés par les thématiques qu’ils traitent (Israël, Afghanistan, Iran, etc.). Enfin, chaque année un pays est mis à l’honneur et une dizaine de films lui sont consacrés. Quelque 15 000 spectateurs assistent aux projections.

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