La burqa et le niqab bannis dans les lieux publics au Pays-Bas

Le port du voile intégral, tel que la burqa ou le niqab, est interdit aux Pays-Bas depuis jeudi dans les écoles, les hôpitaux, les bâtiments de services publics et les transports en commun, conformément à une nouvelle loi dont l’application fait débat.

(AFP) - « Dans ces endroits, il est important pour la sécurité publique et pour le bon fonctionnement des services publics que tout le monde puisse se reconnaître et se regarder », estime le ministère de l’Intérieur. Il est donc interdit dans ces lieux de porter des vêtements rendant le visage méconnaissable, comme un casque intégral, une cagoule ou une burqa.

Pour faire appliquer la loi, le ministère indique qu’il incombe aux employés des écoles, des hôpitaux et des organismes publics et aux chauffeurs de refuser l’accès à une femme portant un voile intégral. Si celle-ci insiste pour entrer, « ils peuvent appeler la police ».

Mais cette dernière, qui demande régulièrement au gouvernement des moyens supplémentaires, a affirmé qu’elle ne considérait pas l’application de la loi interdisant le voile intégral comme étant une « priorité absolue ».

En réponse, le secteur des transports en commun a annoncé que les chauffeurs n’arrêteraient pas leur bus, tram, train ou métro pour faire descendre une femme en infraction ou pour attendre l’arrivée des forces de l’ordre, car cela entraînerait des retards.

« Faut-il arrêter le bus et attendre l’arrivée de la police ? Cela peut prendre une demi-heure, et nos chauffeurs n’ont pas l’autorité de faire descendre quelqu’un de force ou de lui infliger une amende », a déclaré Pedro Peters, président de l’association représentant les transports en commun néerlandais.

Plusieurs hôpitaux du pays ont également déclaré qu’ils « ne refuseraient pas de prodiguer des soins à qui que ce soit, peu importe les vêtements portés ».

La loi concerne, selon les estimations, entre 200 et 400 femmes qui portent la burqa ou le niqab, dans un pays qui compte 17 millions d’habitants. Dès l’entrée en vigueur jeudi, son application suscitait des critiques au sein de l’opinion publique.

« Ridicule. Je trouve que c’est ridicule. On devrait respecter les valeurs de chacun et je pense que c’est la loi la plus stupide à laquelle ils (les politiques) aient jamais pensé », a déclaré Anne Spillner, 28 ans, dans les rues de La Haye.

« Je pense que le processus législatif a été mauvais parce que la loi ne peut pas être appliquée », estimait de son côté Jan Jans, 57 ans.