Jour de tristesse, on perd Jacques Higelin et Véronique Colucci

Deux personnalités liées au monde du spectacle sont décédées en France ce 6 avril : le chanteur Jacques Higelin et Véronique Colucci, l'épouse de Coluche et animatrive des Restos du coeur.

Higelin, le poète engagé

Le chanteur Jacques Higelin, l'un des pionniers du rock français, est mort vendredi matin à Paris à l'âge de 77 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. «Aziza, sa femme, Arthur H, Kên Higelin et Izia Higelin ont la douleur d'annoncer la disparition de Jacques Higelin ce matin», indique le communiqué de la famille.

Ces derniers mois, son entourage proche avait fait état d'une «fatigue» du chanteur. La famille n'a pas souhaité communiquer sur les causes de son décès.

Père de trois enfants artistes, le chanteur Arthur H, la chanteuse Izia Higelin, et le réalisateur Kên Higelin, il laisse derrière lui une vingtaine d'albums qui ont marqué la chanson française, comme «BBH 75» (1974), «Alertez les bébés» ou encore le diptyque «Champagne pour tout le monde...» et «... Caviar pour les autres» sortis en 1979.

Poète survolté, généreux, engagé, Jacques Higelin aura été l'auteur de tubes tels que «Pars», «Champagne» ou «Tombé du ciel».

Véronique Colucci, la main sur le coeur

Véronique Colucci, qui a fait des Restos du coeur un acteur majeur de l'aide alimentaire en France après la mort de son ex-mari Coluche, fondateur de l'association, est décédée dans la nuit de jeudi à vendredi.

Mme Colucci est morte à 69 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé à l'AFP sa famille. Elle a eu deux fils, Romain et Marius, de son mariage avec Coluche, disparu en juin 1986, l'année suivant la création des «Restos».

Elle a, entre autres, été à l'initiative du lancement en 1989 de la tournée des «Enfoirés», troupe d'artistes longtemps menée par Jean-Jacques Goldman et qui continue d'organiser chaque année des concerts de soutien très courus.

Les Restos du coeur, qui ont depuis leur création servi plus de deux milliards de repas, ont exprimé dans un communiqué leur «immense tristesse d'apprendre (sa) disparition». C'est un «moment douloureux», souligne l'association en assurant «sa famille, ses enfants et petits-enfants» et «ses proches» de son «entière affection». Les personnalités ont réagi à son décès en louant la générosité de cette femme discrète dans la vie.

«Véronique a mené un travail intelligent, avec un respect absolu de la cause. Elle a toujours été là, après le décès de Coluche, à la fin des années 90 quand on traversait des vents contraires et prenaient des coups», a confié à l'AFP l'ancien président de l'association, Olivier Berthe. «Tout au long de ces années, Véronique a toujours été une avocate, une défenseur, un soutien de la cause des Restos, de l'idée que Coluche en avait dès l'origine. Elle a toujours oeuvré pour qu'ils soient à 100% orientés vers les plus démunis», a-t-il ajouté.

«Les Restos ont été l'essentiel de son combat, de sa vie. Avec Jean-Jacques Goldman, ils étaient les chevilles ouvrières des Restos, qui se démenaient pour ramener le plus de ressources possibles». Présidente des Restos du coeur de 1998 à 2003, Véronique Colucci en a été membre du conseil d'administration pendant 32 ans, selon l'association.

Jacques Higelin, a donné un concert gratuit et unique à Casablanca en marge de la semaine de la France au Maroc, France expo 2004. Autour d'un café, Higelin avait alors rencontré des journalistes du quotidien Le Matin pour parler de ses débuts, de sa carrière, de ses albums et surtout du public marocain. (Voir ici)

De cet entretien de 2004, Maglor a extrait deux passages. 

Quel souvenir gardez vous du Maroc ? 

J'étais jeune et j'ai fait un voyage avec un ami, Areski Blekacem, musicien algérien pour nous promener un peu. Mais ça a été un voyage remarquable. J'ai fait une excellente rencontre à la place Jemâa EL fena à Marrakech avec un conteur public. il s'appelle M'Barek. Il était tellement extraordinaire que j'ai passé trois semaines à le regarder et à suivre de prés ce qu'il faisait. C'est un conteur inspiré et j'ai appris énormément de choses avec lui. Et quand je suis revenu en France, j'ai fait un spectacle d'improvisation et c'était cet homme ma source d'inspiration. 

Comment a été votre rencontre avec le public marocain ? 

J'ai joué deux fois au Maroc. A Casablanca et Rabat et c'était merveilleux. 
Mes relations avec le Maroc se sont tissées lors de mon premier voyage. 
C'est vrai je n'avais pas chanté à l'époque mais j'ai vécu plein de bonnes choses qui m'ont beaucoup marqué et m'ont été d'un enrichissement énorme. Quand je suis revenu j'étais séduit par ce pays, l'élégance spirituelle de ses habitants, la culture du pays. 
J'avais aussi rencontré beaucoup d'enfants avec lesquels je suis devenu ami. D'ailleurs, tout de suite après j'avais écris une chanson qui s'appelle « la croisade des enfants». 
Après ce voyage qui m'a beaucoup marqué, j'ai toujours eu des rapports superbes avec les Marocains. 
Avant le concert, j'avais le trac parce que je me posais la question sur les personnes qui allaient suivre mon concert. 
Mais j'ai eu un public merveilleux. Vous avez cette chance au Maroc, le public marocain sait admirer la musique et vivre à ses sons et rythmes. 
Voir plus de 4000 personnes suivre le rythme et la musique est rassurant. Je crois aussi que dés que le public sent que vous êtes sincère, il vous encourage et essaye de vous mettre à l'aise.