Il se fait passer pour un contrôleur SNCF dans un train entre Metz et Nancy (vidéo)

La SNCF n'apprécie pas et rit jaune. Un youtubeur nancéien a réalisé un canular qui a du succès sur le net. Le jeune homme, revêtu de l'uniforme de la société, a sévi dans un TER entre Metz et Nancy, contrôlant les passagers à son bord. 

Le jeune homme a en effet publié cette semaine une nouvelle vidéo où il se fait passer pour un contrôleur SNCF à bord d'un train, reliant Metz à Nancy.

Casquette, veste, cravate, tout y est, jusqu'à la sacoche en cuir aux couleurs de la compagnie. Il déambule dans les wagons, réclamant leur titre de transport aux voyageurs présents à bord, verbalisant même un contrevenant. Plus vrai que nature.

Si la vidéo dépasse les 300.800 vues ce vendredi soir, elle n'aura pour autant pas fait rire tout le monde. Du côté de la SNCF en effet, on rit même jaune face à ce canular.

«Se faire passer pour un vendeur chez McDo, c’est une chose. Mais prendre la place d’un agent assermenté, qui exerce dans un cadre juridique très clair, et même dresser des PV, ce n’est plus le même registre», a réagi Anne Corbé, directrice de la communication à la direction régionale de la SNCF, ajoutant que la compagnie ferroviaire avait déposé une plainte.

Quels sont les risques ?

Les juristes de la SNCF travaillent actuellement sur ce dossier. Si la suite de la procédure est, pour l'heure, encore inconnue, se faire passer pour une personne «dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public» est passible de sept ans d'emprisonnement et jusqu'à 750.000 euros d'amende. «C'est tout simplement de l'escroquerie, consistant en un usage de fausse qualité», explique ainsi une juriste un peu collet monté (Personne affectée et rigide dans ses manières, prétentieuse, pédante.) 

C'est vrai que l'article 313-1 du code pénal français explique bien que «l'escroquerie est le fait, (...) par l'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité (...), de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d'un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge».

La peine encourue par BatFlunch est théorique, car souvent moindre en pratique mais «il aura probablement une peine de prison avec sursis et sans doute des dommages et intérêts à verser à la SNCF», souligne la juriste toujours aussi rigide et n'ayant aucun sens de l'humour.

On peut espérer que la direction de la SNCF sera plus sympa que la juriste asséchée que l'on vient de citer. Car elle a sa part de responsabilité : comment un intrus peut-il ainsi intervenir sous ses couleurs dans un train qu'elle est chargée de contrôler ? Que la grande dame SNCF ait un peu d'humour, ne serait-ce que pour se faire pardonner ses retards quotidiens, ses grèves épuisantes et ses éternelles pannes.