France : Les féministes veulent se faire entendre

Les féministes françaises manifestent dans plusieurs villes ce samedi et espèrent «raz-de-marée féministe» dans les rues.

(AFP) - «Stop aux violences sexistes et sexuelles»: des milliers de manifestants sont attendus partout en France samedi à l'appel d'un collectif citoyen, qui espère un «raz-de-marée féministe», un an après la vague #MeToo. Des marches sont également prévues en Suisse.

A l'écart des «gilets jaunes», les défilés prévus dans une cinquantaine de villes (Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Lille, Nantes...), pourraient se parer de violet, couleur choisie par le mouvement #NousToutes.

«C'est important qu'on se rassemble derrière certains signes comme une couleur commune», a expliqué à l'AFP Marion Schaefer, coorganisatrice de cet événement destiné à «alerter l'opinion» à la veille de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes. En 2016, 123 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou ex-compagnon, soit environ une tous les trois jours.

À Paris, les féministes - femmes et hommes - défileront à partir de 14h00, d'Opéra à République, pour réclamer la fin de «l'impunité des agresseurs», ainsi que «des mesures ambitieuses et des moyens financiers suffisants pour que l'action publique mette la lutte contre les violences en top des priorités».

#NousToutes

Né en septembre et appuyé par plusieurs associations, le mouvement #NousToutes entend «passer du témoignage à l'action», un an après #MeToo, qui a fait bondir de 23% le nombre de cas de violences sexuelles signalées à la police, selon des données du gouvernement, et six semaines après la mobilisation d'un millier de femmes à Paris autour de la comédienne Muriel Robin.

Chaque année, près de 220'000 femmes subissent des violences de la part de leur conjoint ou ex-compagnon, selon des chiffres 2017 officiels. En outre, plus de 250 femmes sont violées chaque jour en France, et une sur trois a déjà été harcelée ou agressée sexuellement au travail.

En Suisse, la violence domestique tue une personne toutes les deux semaines, le plus souvent une femme. Et chaque jour, onze personnes, dont neuf femmes ou jeunes filles, subissent des atteintes d'ordre sexuel, rappelait à la mi-novembre le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes (BFEG). A l'instar de la France, des marches sont prévues samedi à Genève, Lausanne, Fribourg et Neuchâtel.