France : le CFCM organise une rupture du jeûne collective à Paris, le ministre de l'Intérieur préfère Strasbourg

Les ambassadeurs d’Egypte, de Palestine, du Maroc, de l’Arabie Saoudite et de plusieurs associations islamiques étaient présents.

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) a organisé mardi à Paris une rupture du jeûne collective à laquelle ont participé plusieurs politiques français, des ambassadeurs de pays arabes et musulmans et des représentants d'autres associations religieuses.

L’ambassadeur de Turquie à Paris, Ismail Hakki, a également participé à cette initiative. Il était accompagné par le conseiller aux affaires religieuses auprès de l’ambassade de Turquie en France, Mustafa Can.

Les ambassadeurs d’Egypte, de Palestine, du Maroc, de l’Arabie Saoudite et de plusieurs associations islamiques étaient présents.

Ahmet Ogras, président du CFCM a déclaré que la France est appelée à accorder aux musulmans une autonomie décisionnelle. Il a également exprimé sa préoccupation quant aux attaques contre les musulmans dans plusieurs pays européens.

La France a besoin du CFCM, a ajouté Ogras, pour lutter contre le racisme et l’oppression. Il a ainsi exprimé son mécontentement quant à la non participation du ministre de l’intérieur à cette initiative en dépit du fait qu’il a été invité.

L’Islam a été, d’après Ogras, instrumentalisé dans les discours populistes des candidats aux récentes élections du parlement européen. 

Un froid entre le CFCM et le ministre de l'Intérieur ? Ou une querelle entre Musulmans français ?

« Pour la première fois depuis la création du Conseil français du culte musulman », aucun représentant de l’État n’est venu au dîner officiel de rupture du jeûne du Ramadan, mardi 28 mai.

« C’est la première fois depuis la création du CFCM », souligne avec amertume Ahmet Ogras, son président. Pire à ses yeux, Christophe Castaner prendra bien part à un iftar, mais mercredi 29 mai à Strasbourg, à l’invitation de l’ancien président du CRCM d’Alsace et ancien aumônier national des hôpitaux du CFCM, Abdelhaq Nabaoui.

Le ministère indique avoir choisi cette année « d’aller dans les territoires ». Mais le choix de Strasbourg n’est pas anodin. Abdelhaq Nabaoui a en effet été révoqué à l’automne 2018 de son poste d’aumônier national des hôpitaux du CFCM officiellement parce qu’il cumulait ce poste – bénévole – avec un autre d’aumônier militaire, salarié. Selon lui, son exclusion s’expliquait bien davantage par son implication dans l’Association musulmane pour l’islam de France (Amif) d’Hakim El Karoui, les deux organisations étant à couteaux tirés.

« En allant là-bas, l’État lui donne raison et s’ingère dans nos affaires, en disant qui sont les bons et les mauvais musulmans », fulmine Ahmet Ogras, qui ne reconnaît à l’Amif aucune légitimité et aucune représentativité. Le président du CFCM est d’autant plus irrité qu’en apprenant le souhait du gouvernement de participer à un iftar en région cette année, il avait proposé sans succès une organisation conjointe.

« Le ministre est au-dessus des querelles internes au CFCM », balaie-t-on place Beauvau.