France : Fini de rire pour les époux Balkany

La une du quotidien Libération de ce lundi 13 mai est parlante : l'impunité des époux Balkany, à la tête de la mairie de Levallois-Perret, est terminée. Ils vont devoir payer leurs abus.

Isabelle et Patrick Balkany sont jugés à partir de ce lundi, notamment pour fraude fiscale et blanchiment. Ils sont soupçonnés d'avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc.

Pourquoi c'est important ? Isabelle Balkany, 71 ans, et Patrick Balkany, 70 ans, sont jugés à partir de ce lundi pour fraude fiscale et blanchiment à grande échelle. Le maire LR de Levallois Perret et son adjointe et épouse sont soupçonnés d'avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc. Au cœur des investigations : deux somptueuses villa, à Marrakech et dans les Caraïbes. Ils ont tout fait pour ne pas en apparaître comme les propriétaires pour ne pas avoir à acquitter d'impôts sur ce patrimoine, acquis, soupçonnent les juges avec de "l'argent de la corruption".

Les époux Balkany ont occupé une place centrale dans la vie politique de ces dernières décennies. Ils règnent sur Levallois-Perret depuis plus de trente ans. Et sont au cœur des réseaux du département des Hauts-de-Seine, depuis qu'ils ont été lancés en politique, en même temps que Nicolas Sarkozy, par Charles Pasqua. 

Leur duo, redoutable et sulfureux, mêle politique et justice, le tout sur fond de train de vie fastueux : fêtes somptueuses sur la côte d’Azur, amitiés avec des stars du show-business, propriétés luxueuses, nombreux voyages... 

Ce que leur reproche la justice ? Le tribunal va tenter de démêler les fils de leur patrimoine. Les juges accusent les Balkany de "blanchiment à grande échelle" entre 2007 et 2014 : autrement dit d’avoir dissimulé au fisc des revenus et un patrimoine "occultes" à hauteur "au minimum" de 13 millions d’euros.

En particulier deux propriétés cachées derrière "des montages de plus en plus sophistiqués" entre Suisse, Liechtenstein, Singapour ou Panama, "dans le souci de ne pas apparaître comme les véritables propriétaires". 

La première, la villa Pamplemousse, acquise en 1997 par une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse, se trouve à Saint-Martin, aux Antilles.

La seconde propriété, la villa Dar Gyucy de Marrakech, est entourée d’un montage beaucoup plus sophistiqué, détenue depuis 2010 par une SCI marocaine propriété d’une société panaméenne, Hayridge. Les enquêteurs ont fini par établir que le prix de vente officiel de la villa, 2,75 millions d’euros, a été payé par l’homme d’affaires saoudien Mohamed Al Jaber au moment où celui-ci négociait un projet de tours jumelles à Levallois. Selon les juges, il s’agit d’argent de la corruption.

Par ailleurs, 2,5 millions d’euros supplémentaires ont été réglés via le compte singapourien d’une autre société panaméenne. Cet argent provient selon les enquêteurs d’une commission versée à Patrick Balkany par un industriel belge, George Forrest, contre son aide pour un contrat en Afrique. Ce que réfute Patrick Balkany.