Emmanuel Macron au Caire pour resserrer les liens avec l'Egypte de Sissi

Emmanuel Macron est au Caire où il a rencontré son homologue égyptien. Le président de la République espère signer plusieurs accords commerciaux et doit également évoquer la question des droits de l'homme dans le pays.

(AFP) - Coups de canons, hymnes nationaux et tapis rouges, Emmanuel Macron a été accueilli en grande pompe au Caire par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, au second jour de sa visite officielle dans le pays.

En ligne de mire pour le président de la République, la signature d'une trentaine d'accords et de contrats commerciaux, pour près d'un milliard d'euros. Ces accords visent à diversifier l'offre commerciale française, qui reste "trop faible" selon Emmanuel Macron, la France n'étant que le 11e partenaire de l'Egypte, troisième marché d'Afrique avec une population en forte croissance qui atteint les 100 millions d'habitants.

La question des droits de l'homme sur la table

Emmanuel Macron veut également évoquer "plus ouvertement" la situation des droits humains, alors que l'Egypte, souvent décrié pour ses violations des droits de l'Homme, est un allié de la France dans la lutte contre le terrorisme. Le président de la République entend aborder la question lors de la conférence de presse commune prévue ce lundi après-midi.

En recevant le président égyptien en octobre 2017, il avait refusé de "donner des leçons" à Abdel Fattah al-Sissi sur cette question sensible, provoquant l'indignation des associations. Or, selon le président français, les choses ont "empiré depuis octobre 2017". En conséquence, il a promis de s'exprimer "de manière plus tranchée, y compris ouvertement (...) parce que je pense que c'est l'intérêt du président Sissi et de la stabilité égyptienne".

Troisième client de vente d'armements pour la France

Plusieurs ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch (HRW), ont appelé lundi Emmanuel Macron à "délivrer un discours fort sur la situation catastrophique des droits humains" en Egypte, "en demandant la libération de tous les prisonniers injustement détenus". Elles "exigent la suspension de toute vente française d'armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international".
    
L'Egypte est devenue le troisième client de vente d'armements pour la France, qui a obtenu quelque six milliards d'euros de commandes depuis 2015. Parmi les contrats emblématiques figure celui des avions de combat Rafale, dont 24 exemplaires ont été livrés à l'Egypte. Des négociations sont en cours pour l'acquisition de 12 autres, mais aucun contrat ne doit être annoncé durant ce voyage.