On change d'heure cette nuit du 27 au 28 octobre

Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 octobre 2018, la France bascule à l’heure d'hiver… peut-être pour la dernière fois de son histoire !

Chaque année, le changement a lieu le dernier dimanche d'octobre. À 3 heures du matin, il sera 2 heures. Vous gagnerez une heure de sommeil ! Bonne nouvelle? En apparence oui. Sauf qu'hiver rime également avec fatigue et anxiété nos conseils pour y résister et s'adapter à ce nouveau rythme

Le passage à l'heure d'hiver perturbe notre horloge biologique. Résultat ? Des troubles du sommeil, une fatigue intense, une anxiété accrue. Et donc, un appétit et une humeur parfois très variables, aussi bien chez les enfants que chez les adultes. Ce n'est sans doute pas par hasard que près de 60% des Français souhaitent que le changement d'heure soit supprimé.
 
Alors comment tirer profit de ce changement d'heure et éviter les coups de blues ? Pour les plus petits et les plus âgés, il est recommandé de décaler de 10 minutes l'heure du réveil et de repas durant les quelques jours qui précédent le changement d'heure afin d'éviter un changement trop brutal. Si vous avez l'habitude de vous coucher tôt, décaler votre heure de coucher d'une heure, pour ne pas être réveillé aux aurores et maintenir le même nombre d’heures de sommeil.
 
Profitez également des pauses pour vous exposer à la lumière du jour afin de réduire le risque de dépression saisonnière.
 
Le passage à l'heure d'hiver implique également de surveiller son hygiène de vie. Privilégiez plutôt les ingrédients faciles à digérer, les fruits à coque, les aliments et les eaux riches en magnésium.

Vers la suppression des horaires d'hiver et d'été ?

La Commission Européenne a proposé en septembre de supprimer les changements d'heures saisonniers qui régissent l'Europe. Alors que chaque pays doit statuer sur son choix de rester à l'heure d'été ou d'hiver d'ici à avril 2019, la France n'a pas encore officiellement commencé à travailler sur la question.

La Commission Européenne suggère de mettre fin, à partir de 2019, aux changement d’heures, tout en laissant les 28 États membres libres de décider s'ils veulent appliquer de façon permanente l'heure d'été ou l'heure d'hiver. Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne, déclarait alors : “Le changement d'heure doit être aboli. (...) J'espère que le Parlement et le Conseil auront la même perception et trouveront des solutions compatibles avec notre marché intérieur.” Or si l’on en parle beaucoup depuis, dans les sphères politiques internes, cela n’a pas vraiment avancé. 

La proposition de la Commission européenne doit en effet être soumise au Parlement européen et au Conseil pour accord définitif. Le Parlement Européen explique cependant que ce n'est pas dans les prochains ordre du jour, et pas au programme de la séance plénière de novembre... puisqu'ils ont jusqu'à mars 2019 pour la voter. Or la proposition de loi spécifie que les Etats membres devront donner leur décision de rester à l’heure d’hiver ou d’été avant… avril 2019. 

La proposition est rédigée ainsi : "Le dernier passage obligatoire à l'heure d'été aura lieu le dimanche 31 mars 2019. Les États membres qui souhaitent revenir de façon permanente à l'heure d'hiver auront la possibilité de procéder à un dernier changement d'heure saisonnier le dimanche 27 octobre 2019. À compter de cette date, les changements d'heure saisonniers ne seront plus possibles.” D'après notre contact au PE, "la seule chose qui soit sûre et certaine, c'est que les Etats membres devront se décider avant le prochain changement d'heure".

Autrement dit, si l’on ne s’organise pas en amont, les pays n’auront que quelques semaines pour s’accorder. Et il serait mieux pour tout le monde que les États membres coordonnent leurs choix, afin de préserver le bon fonctionnement du marché intérieur notamment. On imagine mal avoir une heure de décalage permanente avec des pays frontaliers, où nombre de Français se rendent chaque jour pour travailler. Mais comment la France choisira-t-elle ?

En savoir plus: 

1891 : la France se met à l’heure de Paris

L’Hexagone s’uniformise. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, chaque coin de France dispose de son propre fuseau horaire, établi en fonction du soleil. La modernisation du pays, où le train a remplacé le cheval et le télégraphe s’est imposé, nécessite qu’il soit midi en même temps à Brest ou à Marseille. Toute la France s’aligne alors sur sa capitale.

1976 : le début de notre changement d’heure

Le premier passage à l’heure d’été a eu lien en 1916 avant d’être aboli une première fois au sortir de la seconde guerre mondiale puis d’être rétabli le 28 mars 1976. 

Crise pétrolière oblige, la France cherche un moyen d’économiser son énergie. Le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing ressort des archives le changement d’heure afin d’aligner au mieux les heures d’activité et l’ensoleillement et de réduire les éclairages artificiels. La France repasse alors à l’alternance heure d’été-heure d’hiver allemande. Et l’est toujours actuellement. Depuis 1976, plusieurs études sont toutefois venues dénoncer les conséquences de l’alternance sur notre psychisme ainsi que sur le comportement des animaux.