Cent cinquante millions de personnes menacées par l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale

(Reuters) - La Banque mondiale a déclaré mercredi que la pandémie de coronavirus pourrait entraîner jusqu’à 150 millions de personnes dans l’extrême pauvreté d’ici la fin de l’année 2021.

Selon le rapport bisannuel de référence sur la pauvreté et la prospérité partagée de la Banque mondiale, entre 88 et 115 millions de personnes supplémentaires ne vivront bientôt plus qu’avec 1,90 dollar (1,61 euro) par jour. Ce chiffre devrait continuer à augmenter pour s’élever à 150 millions d’ici la fin 2021. L’extrême pauvreté devrait ainsi toucher entre 9,1 % et 9,4 % de la population mondiale en 2020, la première hausse en pourcentage depuis une vingtaine d’années.

“La pandémie et la récession mondiale pourraient faire tomber plus de 1,4% de la population mondiale dans l’extrême pauvreté”, a déclaré dans un communiqué le président de la Banque mondiale, David Malpass, qualifiant cette situation de “grave revers pour les progrès du développement et la réduction de la pauvreté”.

Selon le rapport, un grand nombre des nouvelles personnes extrêmement pauvres sera issu des pays présentant des taux de pauvreté déjà élevés, indiquant toutefois qu’environ 82% d’entre elles se trouveront dans des pays à revenu intermédiaire.

Si l’extrême pauvreté touche traditionnellement les populations dans les zones rurales, les citadins seront de plus en plus nombreux à basculer dans cette situation en raison des conséquences économiques de la pandémie de coronavirus.

La crise sanitaire a également entraîné un recul de la prospérité partagée, définie comme l’augmentation du revenu des 40 % des habitants les plus pauvres d’un pays.

Pour se remettre sur la voie de la réduction de la pauvreté, une action collective sera donc nécessaire pour contrôler le virus, fournir un soutien aux ménages et construire des économies plus résistantes une fois que la pandémie se sera calmée, a déclaré la Banque mondiale.