Avant le Panthéon, dernier hommage à Simone Veil au Mémorial de la Shoah à Paris

(AFP) - Un dernier hommage à Simone Veil avant son entrée au Panthéon : le Mémorial de la Shoah à Paris a ouvert grand ses portes vendredi pour deux jours de recueillement auprès de la dépouille de cette figure de la vie politique française, survivante des camps nazis.

Jusqu’à samedi, des milliers de personnes vont pouvoir descendre dans la crypte de ce lieu de mémoire du génocide des juifs pour se recueillir devant le cercueil de Simone Veil, morte il y a un an presque jour pour jour, et de son époux, décédé en 2013.

Plusieurs dizaines de personnes étaientdéjà réunies en matinée devant le bâtiment, comme Marguerite Poirier, 80 ans, venue parce qu’« après tout ce qu’elle a fait pour les femmes, c’était la moindre chose que de la remercier ».

Marie Rochet, 17 ans, était avec sa grand-mère, Marie Lachambre, 67 ans. Pour l’adolescente, Simone Veil « continue à vivre, elle restera longtemps ».

Le 30 juin 2017, les Français apprenaient avec émotion le décès, à 89 ans, de l’une de leurs personnalités préférées, ancienne déportée, ministre de la Santé et présidente du Parlement européen.

L’icône du combat pour la mémoire de la Shoah, de la réconciliation européenne et de la lutte pour les droits des femmes entrera dimanche au Panthéon, la nécropole laïque des « grands hommes ».

Elle y reposera avec son époux, l’avocat Antoine Veil, ce qui fera d’eux le troisième couple à être inhumé au Panthéon.

Exhumés du cimetière Montparnasse, les cercueils de ces époux fusionnels ont été acheminés au Mémorial de la Shoah, situé dans le Marais, un quartier juif historique au coeur de Paris, pour y être exposés sous la surveillance de deux gardes républicains.

« Simone Veil avait un lien très fort à ce lieu qu’elle a contribué à bâtir », fait-on valoir au mémorial, où l’on précise que cet hommage à la fois public et intime est un choix de la famille.

Membre fondateur du centre, Simone Veil avait aussi été la première présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah de 2001 à 2007.

Une « flamme éternelle » brûle au centre d’une grande étoile de David en marbre noir dans la crypte qui accueille les deux cercueils et qui tient lieu de tombeau symbolique aux six millions de juifs morts sans sépulture durant la Seconde Guerre mondiale.

Simone Veil y a perdu ses parents et son frère. Elle avait été déportée à Auschwitz à 16 ans par le convoi no 71 du 13 avril 1944, parmi 1500 juifs dont les noms seront égrenés vendredi et samedi.