Armes chimiques : La Ligue arabe veut une enquête sur la Syrie

Les dirigeants des pays membres de la Ligue Arabes se réunissaient en sommet dimanche 15 avril 2018, en Arabie saoudite.

La Ligue arabe a réclamé dimanche une enquête internationale sur l'utilisation «criminelle» des armes chimiques en Syrie. Elle a aussi condamné comme chaque année «l'ingérence» de l'Iran dans les affaires d'un certain nombre de ses pays membres.

«Nous soulignons notre condamnation absolue de l'utilisation des armes chimiques contre le peuple syrien et nous exigeons une enquête internationale indépendante afin de garantir l'application du droit international contre quiconque qui s'avérerait avoir utilisé des armes chimiques», lit-on dans un communiqué distribué aux journalistes.

L'Arabie saoudite et ses alliés ont exprimé leur soutien aux frappes aériennes menées samedi par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France contre des sites présumés d'armes chimiques en Syrie. L'Irak et le Liban ont condamné ces frappes. Damas nie utiliser ou posséder des armes chimiques et a qualifié les frappes occidentales d'acte d'agression.

Le communiqué de fin de sommet de la Ligue arabe appelle aussi à un renforcement des sanctions internationales contre l'Iran, grand allié de la Syrie avec la Russie. Il demande à Téhéran de retirer «ses milices» de Syrie et du Yémen.

«Le sommet condamne l'ingérence iranienne dans les affaires intérieures des pays arabes, que ce soit en provoquant des affrontements confessionnels, en implantant des milices dans des pays arabes comme le Liban, l'Irak et le Yémen ou en accueillant des terroristes d'Al Qaïda», a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Djoubeïr lors d'une conférence de presse.

Soutien aux Palestiniens

L'Arabie Saoudite, qui succède à la Jordanie à la présidence tournante de la Ligue, a annoncé que ce rassemblement s'appellerait le «Sommet al Qods (Jérusalem)», en référence à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël. La décision a été condamnée par les représentants des 22 membres de la Ligue arabe.

Rompant avec ses prédécesseurs, le président Donald Trump a annoncé en décembre que Washington reconnaissait officiellement Jérusalem comme la capitale d'Israël, provoquant l'ire des Palestiniens. Ces derniers veulent faire de la partie orientale de Jérusalem, occupée par l'Etat hébreu, la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

L'ambassade américaine doit être transférée de Tel-Aviv à Jérusalem à la mi-mai. Les délégués présents au sommet se sont engagés à soutenir les Palestiniens, qui veulent faire de Jérusalem-Est la capitale d'un futur Etat palestinien. Le roi Salman a annoncé que l'Arabie saoudite faisait un don de 200 millions de dollars (192 millions de francs) pour les aider. Sur cette somme, 50 millions de dollars iront à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) pour les Palestiniens.

L'allié américain

Malgré les critiques saoudiennes contre la décision américaine sur Jérusalem, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a tenu à souligner, lors d'une conférence de presse, que son pays continuerait d'avoir des relations «fortes et stratégiques» avec l'allié américain.

Début avril, le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, 32 ans, avait estimé que les Israéliens avaient aussi le «droit» d'avoir leur propre Etat, envoyant ce qui semble être un nouveau signal de rapprochement avec Israël qui, comme Ryad, considère Téhéran comme sa bête noire.

L'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite, les deux puissances rivales dans la région, sont engagées depuis des années dans des conflits par alliés interposés, que ce soit en Syrie, au Yémen, en Irak ou au Liban.