Accord franco-saoudien pour développer la région historique d'Al-Ula

AFP - La France et l'Arabie saoudite doivent signer mardi un accord pour le développement touristique et culturel de la région d'Al-Ula (nord-ouest) particulièrement riche en vestiges archéologiques et paysages d'exception, ont annoncé dimanche les deux pays. 

Cet accord, d'une durée de dix ans, prévoit la création d'une agence dédiée sur le modèle de l'agence France Museum, qui a piloté la mise sur pied du Louvre Abu Dhabi inauguré en novembre dernier, a indiqué à des journalistes Gérard Mestrallet, président du conseil d'administration du groupe énergétique Engie et envoyé spécial du président français Emmanuel Macron pour Al-Ula.

"La région concernée par cet accord a une superficie de près de 22.000 km2", a souligné le président de la Commission royale pour Al-Ula, Amr Al Madani. 

Elle comprend des sites exceptionnels, comme l'ancienne cité nabatéenne d'Hegra (Madain Salih) ou celle de Dadab (Al-Khuraybah), et des paysages spectaculaires de canyons taillés dans le sable. 

Cet accord, a souligné Gérard Mestrallet, est "sans précédent", notamment par l'ampleur des domaines qu'il couvre : archéologie, offre culturelle et artistique mais aussi infrastructures, énergie, transports, formation et "tout ce que la France peut offrir en termes de valorisation du patrimoine". 

L'agence, dont Gérard Mestrallet est pressenti pour occuper la présidence, sera financée par des capitaux saoudiens, mais aucun chiffre n'a été communiqué par les deux responsables.

Même discrétion concernant le montant d'un fonds de dotation pour la protection du patrimoine français qu'abonderait Riyad.

Un musée et un centre de recherche historique et archéologique seront créés à Al-Ula, située à 1.100 km de la capitale de Riyad. Cent cinquante étudiants et étudiantes à parité seront formés aux métiers du tourisme et de la culture.

Les premiers touristes pourraient être accueillis dans la région "d'ici à 3 à 5 ans", selon Amr Al Madani. Une fois complètement équipée, la région, qui dispose déjà d'un aéroport, devrait pouvoir recevoir entre 1,5 et 2,5 millions de visiteurs par an en respectant l'environnement et les normes de développement durable, selon le responsable saoudien. 

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, surnommé "MBS", est arrivé dimanche pour une visite de trois jours en France, afin de vanter ses réformes et resserrer les liens avec Paris après des tensions liées aux crises régionales.

Près de 18 protocoles d'accord dans les domaines du tourisme, de l'énergie et des transports doivent être signés durant son séjour, selon une source proche de la délégation saoudienne.