Aïd el-Kebir : tout ce qu'il faut savoir sur la "grande fête" qui débute ce dimanche

C'est l'une des fêtes les plus importantes pour la communauté musulmane.

Depuis des semaines, les musulmans de France se préparent à la "grande fête". Elle débute ce dimanche 11 août. Il faut savoir que cette fête dure trois jours même si en France, elle est plus communément fêtée uniquement le 1er jour par les musulmans. Mais rien n’empêche les familles de récupérer l’animal sacrifié le 2e ou 3e jour.

L’Aïd el-Kebir, aussi appelé Aïd al-Adha, signifie "grande fête", par opposition avec l’Aïd el-Fitr (petite fête), qui célèbre la rupture du jeûne du mois de Ramadan, est aussi appelée Aïd al-Adha (fête du sacrifice).

En France, certains parlent de "fête du sacrifice", en référence à la bête sacrifiée pour l’occasion.

Selon le Coran, le prophète Ibrahim (Abraham dans la Bible) était un ami fidèle de Dieu. Ce qui n’a pas empêché Dieu de le mettre à l’épreuve. Ibrahim a reçu dans ses rêves l’ordre de sacrifier son fils Ismaël, né de son union avec Hajar (Agar). Ibrahim et son fils se sont unis pour se soumettre à la volonté de Dieu. Satan tente de convaincre le père et le fils de renoncer, mais Ibrahim lui jette sept cailloux. Ibrahim tente alors d’immoler Ismaël avant d’être stoppé par l’archange Jibril (Gabriel) et Ismaël fut remplacé par un bélier. Ibrahim devait donc choisir entre l’amour d’Allah et celui de son enfant unique. En choisissant l’amour de Dieu, ce dernier lui a rendu son fils. Ce prophète est considéré comme un modèle à suivre pour tous les croyants.

La célébration de l'Aïd el-Kébir clôture le "hadj" ou pèlerinage à la Mecque, et symbolise pour les musulmans pratiquants la fraternité et le partage. Elle a lieu, chaque année, le 10 du mois de Dhou Al Hajja, dernier mois du calendrier musulman.

Un animal est alors sacrifié, le plus souvent un mouton, et fait office de repas, tandis que les fidèles mettent leurs plus beaux habits et multiplient cadeaux et aumônes le jour de l'Aïd. 

Le sacrifice doit s’effectuer après la grande prière dans les abattoirs agréés par les pouvoirs publics dans le strict respect des règles sanitaires en vigueur et des principes religieux qui régissent l’abattage rituel, note la Grande mosquée de Paris. Ce qui signifie qu’il est strictement interdit de sacrifier l’animal à son domicile. Une fois le mouton dépecé, vidé de son sang et découpé, on peut le consommer. Dans le Coran, la Sourate « Le Pèlerinage », indique : « Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux misérable ». La tradition veut que les musulmans gardent un tiers du mouton pour eux-mêmes, offrent un tiers aux amis et voisins et le dernier tiers en aumône pour les nécessiteux. En effet, celui qui n’a pas les moyens n’est pas obligé d’acheter un mouton.

Pendant le reste de la journée, les musulmans vont le plus souvent aller rendre visite à leur famille. La tradition veut que l’on soit bien habillé pour ce jour spécial et que l’on s’offre des gâteaux.

Cette année, l’Aïd el-Kébir tombe un dimanche en plein pendant les vacances d’été. Du personnel est donc réquisitionné dans les abattoirs, ce qui engendre une hausse du prix des animaux.

« Le prix moyen d’un mouton est de 250 € alors que l’année dernière il était de 180 € », affirme Benaissa Chana, président du Conseil du culte musulman de la région Auvergne Rhône-Alpes (CRCM). La Grande Mosquée de Lyon qui s’est associée à l’abattoir de Corbas évoque quant à elle une hausse « de 20 à 30 € » pour le prix de ses agneaux.

En savoir plus: 

À cette occasion, la Grande Mosquée de Paris et le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) présentent leurs meilleurs vœux à tous les musulmans de France et les appelle à faire de cette fête un moment de partage, de fraternité et de solidarité avec l’ensemble de la communauté nationale ainsi qu’avec les pauvres et les nécessiteux.

Le sacrifice rituel devra s’effectuer après la grande prière dans les abattoirs agréés par les pouvoirs publics dans le strict respect des règles sanitaires en vigueur et des principes religieux qui régissent l’abattage rituel.

Il est rappelé que, pour une meilleure organisation et un meilleur accueil dans les abattoirs agréés, le sacrifice rituel peut s’étaler sur les trois jours de l’Aïd Al-Adha.