Vous connaissez Bordelbourg ? La hantise des usagers SNCF et CFL pour aller de Metz à Luxembourg

Rien ne va plus entre Metz et Luxembourg pour ceux qui chaque jour empruntent les chemins de fer pour aller travailler au Grand-Duché. La SNCF montre son incompétence, les CFL (chemins de fer luxembourgeois) l'imitent à tel point qu'elles deviennent pires. Et les milliers de Lorrains qui passent chaque jour la frontière pour aller travailler pestent. Jeune frontalière française, la nouvelle rédactrice de RTL 5' minutes découvre les galères de transport ferroviaire sur l'axe Bettembourg-Luxembourg, dont la circulation est coupée. Elle raconte son périple pour arriver au Kirchberg et invente une nouvel gare Bordelbourg.

(5 minutes RTL.lu) Si vous êtes frontaliers, vous connaissez les galères ferroviaires... Mais là, on dépasse l'entendement avec les travaux des CFL. Depuis ce lundi 16 juillet, la circulation entre Bettembourg et Luxembourg-ville est coupée, occasionnant des correspondances. En théorie, tout devrait aller comme sur des roulettes, comme en février dernier d'après les récits des voyageurs. Mais je ne m’attendais pas à ça : passer 5 heures par jour dans les transports.

Comme d’habitude, je me rends en gare de Metz pour prendre le train de 7h31. Les usagers arrivés en nombre se hâtent dans les escaliers. Je me dis qu’à cet horaire de pointe la SNCF a prévu un dispositif suffisant. Et à ma grande surprise… C’était un tout petit train ! Une rame seulement… La déception, quand je monte à bord. 

À ma droite, des dizaines de voyageurs debout, en file indienne et agacés de la situation. Ils occupent le peu d’espace vide du wagon. À ma gauche, d’autres ont préféré s’asseoir sur les marches menant à l’étage. Évidemment toutes les places étaient prises et pas moyen de circuler à l’intérieur de la rame. Tant pis ! Je prends mon mal en patience et j’attends contre la porte du train. Une situation plus courante qu'il n'y paraît.

LA MOITIÉ DES VOYAGEURS LAISSÉS À QUAI

Arrivée à Bettembourg, une demi-heure plus tard, le bus de substitution n’était pas là. De mauvais augure pour la suite ? Peut-être qu’il y a des bouchons sur l’axe Bettembourg-Gare de Luxembourg ? Après 5 minutes d’attente, deux bus se pointent. Ouf ! Mais le soulagement est de courte durée car les usagers du train suivant arrivent déjà. Et la cinquantaine de places qu’offrent ces véhicules ne peuvent prendre en charge toute cette foule... 

C'est ce que les usagers appellent "Bordelbourg", en référence au noeud ferroviaire de Bettembourg, qui a notamment été victime d'une inondation majeure en 2016 et d'une panne après avoir été touché par la foudre. Les incidents sont passés, le nom est resté.

Heureusement, j’ai réussi à me faufiler à temps dans l’un d’entre eux. Je crois que j’ai pris la dernière place. Les passagers en surplus tentent de voyager debout : après tout ça marche pour le train… Mais ils sont rapidement renvoyés par le contrôleur, question de sécurité oblige.

Le bus démarre dans la foulée. Il est 8h10. Je me demande à quelle heure je vais arriver au bureau, sachant qu’en temps normal, je serais arrivée à 8h20 en gare de Luxembourg. Mais à cette allure d'escargot, je crois que pour aujourd’hui, c’est raté. Je serai en retard ! Le bus est pris en otage sur l’autoroute à cause des bouchons. Super. On arrive difficilement au centre-ville à 8h50, soit 40 minutes de trajet ! Le temps de grimper dans un bus en direction du Kirchberg, j’arrive finalement au bureau à 9h30. Soit, deux heures de trajet. Demain, je penserai à prendre le train de 7h02 !

COMPTEZ 3H DE TRAJET RETOUR

Le soir, je m’attends au même scénario. Je pars du bureau à 17h05 et file à la gare de Luxembourg. Manque de bol, mon bus est lui-même pris dans les embouteillages au centre-ville. Ça commence mal ! Il me fait louper ma navette de 17h45. Allez 30 minutes d’attente supplémentaire pour ma pomme, mais là ce n’est pas de la faute des CFL. Une fois dans le bus, la galère se poursuit. Les bouchons sur l’autoroute sont plus importants que ce matin. On roule au pas, on s’arrête, on se plaint… Un véritable accordéon ! Que faire alors en attendant ? Les Bleus vont bientôt remonter les Champs-Elysées et je risque de les louper ! Grâce au ciel et aux antennes, je capte assez de 4G pour suivre l’événement. Ça devrait m’occuper. 

J’arrive trois quarts d’heure plus tard à Bettembourg et là c’est la course. J’ai à peine une minute pour prendre le train de 18h56 et le bus met du temps à se vider. Les voyageurs se bousculent pour descendre du véhicule et tentent de se "doubler". Je n’arrive pas à me faire une place dans le couloir. On entend les agents ferroviaires qui scandent au loin "Metz, Metz, Metz" en pointant du doigt la rame concernée. Le temps d’arriver à quai, les portes se ferment. Le train m’est passé sous le nez. J’ai (encore) dû attendre le train de 19h26, pour arriver en gare de Metz-ville à 20h15. De porte à porte, j’ai mis un peu plus de 3 heures pour rentrer ce soir. Je suis exténuée et il reste six semaines de travaux.

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