Ryanair abandonne Francfort-Hahn

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a décider de délaisser l'aéroport allemand, de Francfot-sur-Hahn. De nombreux Lorrains y avaient recours..

La décision prise la semaine dernière par Ryanair de quitter l'aéroport de Francfort-Hahn dès le 1er novembre prochain n'en finit pas de faire des vagues. En effet, il en va ni plus, ni moins de la survie des infrastructures situées à 180 kilomètres de Metz. Pour cette ancienne base militaire américaine, l'exploitation civile a commencé en 1993, justement sous l'impulsion de la plus grande compagnie low cost d'Europe. De petite taille, l'aéroport est souvent critiqué pour sa qualité médiocre.

La poursuite des activités sans la présence des avions à la harpe irlandaise ne semble donc pas envisageable. Si la direction de l'aéroport de Francfort-Hahn se refuse à commenter le retrait de la compagnie irlandaise, le syndicat allemand Verdi estime qu'«environ 60 membres du personnel de cabine et 20 pilotes sont directement impactés par ce départ». De son côté, Ryanair rappelle qu'«aucun accord n'a été conclu avec les pilotes en Allemagne dans le cadre du litige portant sur une réduction de salaire de 20% sur quatre ans».

Il est vrai que Ryanair subit de plein fouet la pandémie. Le transporteur à bas coûts a annoncé lundi avoir subi une perte nette de 185 millions d'euros lors du premier trimestre 2020. Soit son pire résultat en 35 ans d'existence, qui fait suite à un bénéfice de 243 millions d'euros engrangés en 2019. Les recettes ont chuté de 95% par rapport à l'année dernière pour atteindre 125 millions d'euros, tandis que le nombre de passagers a diminué de... 99% pour atteindre un demi-million suite à l'arrêt total du trafic aérien durant le printemps. Léger bémol à ce sombre tableau, les pertes au deuxième trimestre devraient repartir à la baisse, vu la reprise du trafic aérien depuis le 1er juillet.

Mais les raisons de cette décision se trouvent peut-être aussi dans l'implantation récente de Ryanair dans les aéroports proches du Findel à Luxembourg (depuis 2016) et de Francfort-sur-le-Main (Fraport, depuis 2017), où les liaisons aériennes sont bien meilleures et nettement plus denses que dans le «désert» de Hahn.