Près de 5 000 logements inoccupés à Metz : un scandale ?

La situation des personnes à la rue «est toujours plus préoccupante à Metz», observe la Fondation Abbé-Pierre. Elle a monté une action coup de poing ce jeudi pour dénoncer l'inertie des pouvoirs publics à régler la question des logements vides mais habitables.

(MF) – «Notre colère vient du fait que nous avons donné aux décideurs le mode d'emploi pour accompagner des ménages fragiles dans des logements temporaires et leur permettre de souffler pour retrouver de l'assurance. Mais la réponse a toujours été: "Ce n'est pas possible, ça ne peut pas se faire !" Alors qu'on peut s'appuyer sur les exemples de Lyon, de Rennes, ou plus près de chez nous, Florange. L'association Athènes loge depuis des années des ménages dans trois maisons appartenant à l'Etat et qui sont depuis longtemps promises à la démolition», s'emporte presque Véronique Etienne, directrice de l'agence Grand Est de la Fondation Abbé-Pierre. Et elle rajoute comme une évidence: «C'est un manque de volonté politique».

Après un premier avertissement lancé aux pouvoirs publics fin janvier, la Fondation Abbé-Pierre a investi ce vendredi l'amphithéâtre des Tanneurs dans un jardin public pour une deuxième action coup de poing «étant donné que Metz Métropole et la Ville de Metz ne font toujours rien pour occuper leurs logements vacants», pose la représentante locale de la Fondation Abbé-Pierre.

Un affront fait aux plus fragiles   

Commandée par Metz Métropole, une étude faite en janvier 2019 avait révélé que 4.800 logements étaient vacants dans la couronne messine dont 227 logements appartenant à l'Etat et surtout aux collectivités et 640 logements sociaux. La fondation met en doute la crédibilité de Metz Métropole qui est en train de mener une étude sur les logements privés vacants et va demander l'engagement des propriétaires, «alors même que la collectivité elle-même ne met pas en pratique ce qu'elle aurait dû faire depuis longtemps. Comment peut-on exiger d'autres ce qu'on ne fait pas soi-même?»

«Nous voulons dénoncer aujourd'hui cet affront qui est fait aux plus fragiles, qui vont dormir dehors, au mieux dans un lieu provisoire, alors même que sur ce territoire, les collectivités auraient les moyens d'avoir un territoire "Sans domicile : objectif zéro"», s'insurge la section messine de la Fondation dont les services accueillent chaque année 500 nouvelles personnes, la plupart sans-abri, à l'Espace Clovis. 

Non seulement les logements vacants «ne sont pas tous dégradés ou inhabitables», mais ils sont régulièrement mis en vente «au prix demandé et même pour certains à un prix plus élevé proposé par des acheteurs qui ont enchéri. Rien qu'en 2018, 27 logements ont été vendus», assure la fondation.