Metz veut planter 20 000 arbres d'ici 2030

La campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2020 a commencé à Metz. Les projets municipaux se multiplient qui n'engageront pas l'actuelle municipalité mais celle qui lui succédera. L'effet d'annonce peut-il pour autant convaincre ? Toujours est-il que les dirigeants actuels de la mairie de Metz veulent reverdir le cadre de vie de la capitale lorraine. Un embellissement certes, mais aussi une mesure écologique pour lesquels un budget de 1,5 million d'euros a été prévu sur dix ans.

Pour Metz, l'engagement vers une écologie urbaine va prendre un nouveau départ avec l'annonce d'un vaste programme de plantations d'arbres, après en avoir détruit des centaines. 

En charge de la biodiversité à Metz, Marylin Molinet entend relever ce défi : placer 10.000 nouveaux arbres au cœur même de la cité messine. Dans les colonnes du quotidien local de ce mardi, la conseillère municipale ne manque pas d'évoquer l'ampleur de cet engagement: «La difficulté, ce sera d'abord le manque de personnel. Pour planter 2.000 arbres la première année, c'est déjà compliqué. Notre pôle Espaces verts ne peut prendre en charge que 1.000 arbres par an. Nous devrons faire appel à un établissement d'aides par le travail pour compenser.»

De 5 à 3.000€ par arbre

Se pose aussi la question du coût. On parle d'1,5 million d'euros sur dix ans. Une somme importante mais qui trouve vite son explication. Pour 5 euros environ, il est possible de financer l'installation d'un arbrisseau dans une zone engazonnée. «Mais un arbre d'une certaine taille coûte entre 300 et 400 euros, et jusqu'à 700 à 800 euros si l'essence est rare.»

Pour un végétal à installer en plein centre-ville, la facture peut même dépasser les 3.000 euros. C'est qu'il faut alors payer des travaux importants parfois : «dépavage, creuser un sol dur, dévier des réseaux souterrains, mettre une plaque de protection.» L'actuelle municipalité se dit prête à faire l'effort, mais cela ne l'engage que pour les huit prochains mois, en attendant les résultats des élections municipales. La réflexion sur le choix des essences à retenir a été engagée. «Par exemple, il y aura des conifères et des arbres à feuilles rugueuses près des axes de circulation routière car ils absorbent les particules fines et la poussière», indique Marylin Molinet. Les arbres aux feuilles lisses, eux, absorbent les polluants gazeux.

 

En savoir plus: 

Extrait de "Les luttes en France contre les abattages abusifs"

"Nous assistons, impuissants, à un véritable désastre patrimonial et environnemental en ville. Malgré les protestations des habitants de Metz et des associations de protection de l’environnement, des abattages massifs d’arbres continuent à Metz. Les responsables de la ville et de Metz Métropole essaient de faire avaler la pilule aux messins à coup de contre vérités :

  • « Les arbres abattus seront remplacés » : Un arbre pousse de 50 cm par an en moyenne et parvient à l’âge adulte vers 30-40 ans. Les arbres coupés seront donc effectivement remplacés … dans 30 ou 40 ans, si on les laisse vivre jusque là … et entre temps on aura coupé les autres !
  • « Les arbres étaient malades et dangereux » : C’est faux dans la plupart des cas ! Sur les 75 arbres abattus en 2010 rue du Gué à Magny, seuls 5 étaient en état de dépérissement (sans être dangereux pour autant). Les autres ont été vendus pour faire des planches et on ne fait pas de planches avec du bois en mauvais état.
  • Ces arbres doivent être abattus pour permettre l’aménagement d’infrastructures écologiques nécessaires aux habitants de Metz : Encore une contre vérité ! L’écologie est un concept global dont toutes les composantes (déchets, eau, déplacements, biodiversité…) ont une égale importance.

Les arbres en ville sont partie intégrante du patrimoine et les services qu’ils rendent sont multiples et indispensables au bien être et à la santé de tous : microclimat plus doux et air plus pur, production d’oxygène, puits de carbone, pompe à nitrates et phosphates, contribution à un cycle de l’eau plus calme, ombre estivale, support, abri et source de biodiversité animale (oiseaux, chauves-souris, insectes et invertébrés associés) et végétale (lichens, mousses et autres épiphytes) etc. On ne peut donc jamais prétendre à des aménagements écologiques au prix de réels dégâts environnementaux. 

Les écologistes ne sont pas des passéistes qui s’opposeraient à des aménagements nécessaires au confort des messins. Ils déplorent un manque de concertation avec la population, l’opacité des décisions, le refus du dialogue et une conception déjà dépassée de certains projets urbains. Ils dénoncent la gestion archaïque des espaces verts, où les arbres sont considérés comme du mobilier urbain, des objets jetables et remplaçables et non comme des êtres vivants absolument nécessaires au mieux être et à la santé des habitants.


Le 18 mars, sous le titre "Massacre à la tronçonneuse", Guyfrey explique comment les Verts ont symboliquement manifesté sur la place Saint Louis contre l’abattage massif des arbres à Metz :

Dans un décor de sapins artificiels parsemé de bûches, ils ont distribué des tracts aux passants pour expliquer en quoi l’abatage des arbres à Metz est un exemple caricatural des politiques environnementales incohérentes développées par la quasi-totalité des collectivités territoriales. 

A grand renfort de communication, celles-ci se gargarisent de développement durable pour verdir leurs grands projets d’infrastructures. Ecoquartiers ‘bidon’, concours de maisons fleuries, expositions naturalistes, promotion nunuche du tri sélectif : tout y passe dans le registre du degré zéro de l’écologie."

Source : Pressibus