Metz le sait, les cathédrales peuvent brûler, mais elles se reconstruisent

Alors que le monde entier pleure la destruction partielle de Notre Dame de Paris par le feu, Metz appelle à la résilience, cette capacité à savoir conjurer l'adversité. Sa cathédrale a brûlé en 1877. La partie endommagée a été reconstruite.

Le 6 mai 1877, l’empereur allemand Guillaume Ier se rend à Metz pour la première fois depuis l’annexion de la Moselle au royaume de Prusse. Pour célébrer sa venue, des employés municipaux de nationalité allemande décident de tirer un feu d’artifice depuis le toit de la cathédrale. Le tir a enflammé la toiture en bois et l’a complètement ravagée. Seule consolation dans le malheur : l’intérieur de l’édifice n’a pas été touché par le sinistre.

La reconstruction du toit de la cathédrale est alors devenue l’une des priorités du royaume de Prusse pour la fin du XIXe siècle. L’empereur Guillaume Ier tenait à financer les travaux lui-même. Mais il décède en 1888, la même année que son fils Frédéric III. Les opérations se sont donc achevées sous le règne de Guillaume II.

Les architectes de l’époque avaient décidé de reconstruire le toit et de lui donner de la hauteur (il était plat au moment de l’incendie). La cathédrale devait ainsi être surélevée de 4,5 m. La charpente a été remplacée avec une technique française, dite « à la Polonceau » (du nom de Camille Polonceau, l’un des ingénieurs les plus reconnus de l’époque) entre 1880 et 1882. C’est une couverture de plaques en cuivre qui remplace la structure carbonisée.

Les travaux ont duré près de 30 ans. D’autant que Paul Tornow, l’architecte principal du chantier à la fin du XIXesiècle, a fait démolir en 1898 le portail du Christ imaginé par Jacques-François Blondel. La nouvelle mouture a été inaugurée en 1903. Au total, l’opération a coûté l’équivalent de la construction d’un grand pont.

Un signe d'espoir pour Notre Dame de Paris