Metz et Trèves veulent faire payer le Luxembourg

Les deux villes ont demandé à leur pays de faire pression sur le Luxembourg pour qu'il abonde les territoires où résident de nombreux travailleurs frontaliers.

(AFP) - Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron et Angela Merkel, les maires de Metz et de Trèves, ainsi que les présidents de deux conseils d'arrondissements allemands frontaliers du Grand-Duché, demandent «une initiative diplomatique concertée» de la France et de l'Allemagne pour obtenir la mise en place de cette compensation, sur le modèle d'un accord existant avec la Belgique.

Les élus soulignent que presque la moitié de la population active du Luxembourg, soit environ 200 000 personnes, réside dans les pays limitrophes et que le nombre de travailleurs frontaliers y a triplé depuis 1997. Tout en admettant que leurs régions profitent largement de la richesse créée au Luxembourg, via le pouvoir d'achat de ces travailleurs frontaliers, ils pointent le fait que ces derniers ont recours aux services publics essentiellement dans leur pays de résidence alors que les recettes fiscales perçues sur leurs salaires profitent au seul Luxembourg.

«Pas nécessaire d'intervenir dans ce domaine»

Les usagers «utilisant l'infrastructure et les services d'intérêt public sont de moins en moins nombreux à contribuer à leur financement et les communes doivent faire face à de gros déficits financiers», déplorent-ils. Ces élus aimeraient voir transposé à la situation de leurs territoires un système mis en place en 2002 entre le Luxembourg et la Belgique, grâce auquel la Belgique touche actuellement 30 millions d'euros par an, qu'elle répartit ensuite entre les communes accueillant de nombreux frontaliers.

Ils citent également des systèmes de compensation similaires existant entre l'Allemagne et la Suisse ou entre la Suède et le Danemark. Rappelant que le traité d'Aix-la-Chapelle, signé en janvier, prévoit une intégration franco-allemande accrue, les signataires demandent à Angela Merkel et Emmanuel Macron de plaider leur cause auprès du Luxembourg, qui «ne considère pas nécessaire d'intervenir dans ce domaine», condition indispensable selon eux à l'approfondissement de la coopération transfrontalière.